Vous vouliez un dirigeant, un vrai ? Vous en avez un : Manuel Valls

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Réformer la France, ces dernières années, tout le monde s’y est cassé les dents. Je me souviens encore fin 1994, le renoncement de Jacques Delors, alors donné en tête dans tous les sondages, à être candidat pour la présidentielle de 1995. Il estimait alors qu’il ne disposerait pas de la majorité nécessaire, au Parlement, pour mener sa politique de reformes.

Alors que de nombreux pays occidentaux sortent peu à peu de la crise, nous en sommes encore loin. Sans de nombreuses réformes, la France ne peut pas s’en sortir. Après chaque élection présidentielle, les français sont déçus. Ils reprochent systématiquement au gouvernement de ne pas avoir fait ce qu’il fallait.

Les français ont élu François Hollande à la Présidence de la République en 2012 après avoir été déçus par la politique de Nicolas Sarkozy. Manuel Valls a été nommé Premier Ministre il y a un peu moins d’un an suite à l’échec des gouvernements Ayrault. 5 mois après, il démissionne parce qu’il n’a pas le soutien des autres ministres (notamment Arnaud Montebourg et Benoit Hamon) pour mener sa politique économique. Il est reconduit par le Président de la République, il forme donc un nouveau gouvernement.

Il doit alors faire face, d’une part, à l’aile gauche de son parti qui, en réalité, n’a pas du tout la même vision politique et passe son temps à lui faire des coups bas, et d’autre part à l’opposition, qui dans son rôle d’opposition, profite de chaque occasion pour crier son indignation au regard de la politique menée.

Il a donc deux options. Soit il fait le moins de vagues à gauche pour avoir le soutien de l’ensemble de son parti, et se cantonne à des réformettes qui mettent tout le monde d’accord, soit il s’engage, dans l’intérêt des français, au risque d’entacher sa popularité à gauche, dans de vraies réformes, partagées d’ailleurs par l’ensemble de nos ministres et par le Président de la République élu par les français. Il a décidé de s’engager dans la deuxième option et de faire son job.

La loi Macron peut être critiquée mais si elle avait été présentée à l’Assemblée et rejetée, elle ne l’aurait pas été pour les bonnes raisons.

Elle l’aurait été d’ailleurs pour des raisons différentes à gauche et à droite. A gauche, ou plutôt à gauche de la gauche, parce qu’elle adopte une position bien trop libérale, ce qui est aux antipodes de la vision économique de gauche. A droite, elle aurait du plaire, mais dans un jeu totalement politicien, les politiques de droite préfèrent souligner et se moquer du manque de soutien de la gauche à notre Premier Ministre de gauche plutôt que de s’intéresser à la loi et par principe, nombreux d’entre eux auraient voté contre ou se seraient abstenus.

Cette situation est incroyable et n’a aucun sens. On ne peut pas être les premiers à être déçus si on ne laisse pas le gouvernement diriger quand il est au pouvoir. Ce qui est incroyable c’est que la gauche de la gauche ne le réalise pas. Enfin, non, ça n’est pas incroyable, c’est tout à fait dans la lignée de leurs reflexions, totalement à côté de la plaque.

Ce qui est malheureux, c’est de se dire qu’un gouvernement qui se bat pour une fois dans l’intérêt des français, sans calculs de réélection, est accablé de tous les côtés, par les français eux-même. Même les journalistes, réputés de gauche, enchainent les titres accablants pour le Premier Ministre :

« Loi Macron : Manuel Valls mauvais joueur » Libération
« Valls sacrifie sa majorité pour sauver son cap libéral » L’Humanité
« Loi Macron : les coulisses d’un « naufrage » » Le Parisien
« Loi Macron : l’utilisation du 49-3, un « aveu de faiblesse » » Le Monde

Le Royaume-Uni a eu Margaret Thatcher, l’Allemagne a Angela Merkel, est-ce que Valls sera l’homme providentiel qui arrivera à reformer la France en profondeur, à l’armer pour qu’elle s’en sorte ? Je le souhaite sincèrement.

En utilisant le 49-3, Valls ne montre non seulement pas un aveu de faiblesse mais au contraire une détermination sans faille à réussir dans la mission qui lui a été confiée. Il se mouille, il prend des risques, finalement il se donne les chances d’avoir un bon bilan et donc de faire l’intérêt de la France. Il a un courage politique dont de nombreux de nos politiques de droite comme de gauche devraient s’inspirer.

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