Lettre ouverte à Renaud

Renaud-Album

Cher Renaud,

Je voulais te dire à quel point tu m’as touché avec ta dernière chanson « Hyper cacher ».

Tu as décidé de faire une chanson pour parler individuellement de l’Hyper cacher. Ce simple choix fait de ta chanson une chanson engagée.

Le 11 janvier 2015, nous étions 4 millions à « être Charlie » Place de la République. Tout le monde condamnait évidemment aussi l’Hypercacher mais personne ne serait descendu dans la rue pour ça, comme personne n’était descendu dans la rue pour les enfants assassinés dans une école juive 3 ans plus tôt. Depuis janvier 2015, les rassemblements devant l’hypercacher n’ont malheureusement rassemblé – quasiment – que des juifs. La récente commémoration annuelle a même été organisée par le CRIF…

Il ne s’agit pas là de faire de la concurrence victimaire mais simplement de remarquer que lorsque des juifs sont assassinés, en France ou ailleurs, habituellement, seuls les juifs s’en émeuvent. Et toi, tu en écris une chanson. Le tout sans basculer dans le convenu ou l’émotion artificielle, avec un ton juste, émouvant et tant de sincérité…

Tu ne t’arrêtes pas là ! À la fin de ta chanson tu dis :

Qu’ils reposent à Jérusalem
Sur la terre de leurs pères
Au soleil d’Israël
Je veux leur dédier ce poème
Leur dire qu’ils nous sont chers
Qu’on n’oubliera jamais 

Je t’avoue que j’ai du mal à m’en remettre. Il est donc possible de comprendre ce qui semble être une subtilité inaccessible pour tellement de gens : l’attachement des juifs pour Israël, sans pour autant les considérer comme des étrangers mais au contraire comme des frères. Il est donc possible de parler de Jerusalem sans dire « Jerusalem-Est occupé et annexé » mais au contraire parler de « la terre de leurs pères ».

Merci Renaud de m’avoir redonné de l’espoir et de m’avoir donné un peu plus le sentiment que ma place, en tant que français juif, est encore en France.

Merci.

Frank-David

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Hyper cacher – Renaud

C’était un p’tit endroit pépère
Tout près du métro St Mandé
Qui vendait des produits casher
Pour les habitants du quartier
Un individu cagoulé
Suintant la haine de tous les pores
Armé comme un fourgon blindé
Et venu pour semer la mort
Soudain au magasin casher
Ce fut l’enfer, ce fut l’enfer

Il a tiré à tour de bras
Avec de la haine plein les yeux
Sur tout ce qui portait kipa
Sur les enfants, sur les p’tits vieux
Certains mouraient les bras en l’air
D’autres se cachaient où ils pouvaient

Le sang glacé c’était la guerre
Près du métro St Mandé
Et dans le magasin casher
C’était l’enfer, c’était l’enfer

Mais quelle est cette époque immonde ?
Nous avons perdu l’essentiel
Avec de la peur plein le monde
Avec de la haine dans le ciel

Qu’ils reposent à Jérusalem
Sur la terre de leurs pères
Au soleil d’Israël
Je veux leur dédier ce poème
Leur dire qu’ils nous sont chers
Qu’on n’oubliera jamais
Leur dire qu’ils nous sont chers
Qu’on n’oubliera jamais

 

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