#EncoreUn : le hashtag qui lutte contre l’antisémitisme

EncoreUn
Face à la banalisation de l’antisémitisme, nous avons tous un rôle à jouer.

Ces dernières années, l’antisémitisme est devenu omniprésent, en particulier sur Internet. Dès qu’un article, partagé sur Facebook ou Twitter par un grand média, parle des juifs, d’Israël ou même de n’importe quel sujet qui implique un juif, il y a une déferlante de commentaires antisémites. C’est systématique. Il n’y a aucun contre-exemple.

Cet antisémitisme banalisé qui se transforme parfois en actes antisémites violents est un enfer pour tous les français juifs. C’est la raison pour laquelle ils sont plusieurs milliers à quitter leur pays, la France, chaque année.

Récemment, j’ai réalisé à un diner, entouré par des amis de toutes les confessions, que tous les français qui n’étaient pas directement concernés ne réalisaient pas l’ampleur du phénomène. J’ai réalisé également que beaucoup de français juifs n’osaient pas intervenir publiquement sur les réseaux sociaux dans ces commentaires haineux. Ils ne veulent pas être confrontés à cela. Ils ont peur. Parfois ils ne regardent même plus les commentaires parce qu’ils savent.

Nous ne pouvons plus continuer ainsi.

J’appelle tous les Internautes quelle que soit leur confession à réagir dès qu’ils voient un commentaire antisémite sur Facebook ou Twitter en répondant sobrement par le hashtag : #EncoreUn

En faisant cela, la dénonciation de ces commentaires haineux sera visible dans les fils d’actualités de chacun, ce qui contribuera à une prise de conscience générale. Cette prise de conscience sensibilisera les pouvoirs publics et les poussera à trouver une solution punitive efficace contre ceux qui sont les auteurs de ces messages de haine (aujourd’hui la majorité des signalements n’aboutissent à rien).

J’appelle également toutes les personnes qui liront ce message à le partager au plus grand nombre. Nous avons tous un rôle à jouer pour lutter contre l’antisémitisme. J’en appelle à la responsabilité de chacun.

Frank-David

On nous a menti : l’islamisme n’est pas le problème

11457129-19134511

L’affaire Tariq Ramadan a révélé beaucoup de choses. D’abord à quel point il est soutenu par une très large partie de la communauté musulmane, mais aussi et surtout l’état d’esprit ambiant de ses supporters.

On nous a vendu que la haine de la France ne concernait qu’une petite minorité d’islamistes radicalisés.

On nous a vendu que le complotisme ne concernait que les fans de Dieudonné et Soral, ou autres excités sur Internet.

On nous a vendu que l’antisionisme virulent de Tariq Ramadan et ses fans (Plenel et la France Insoumise inclus) exprimé quasi quotidiennement n’était PAS de l’antisémitisme mais simplement une volonté de « critiquer la politique d’Israël ». Et ce, malgré le fait que 30% des actes racistes en France soient dirigés contre des français juifs soit contre 0,7% de la population française ! Quand Merah a tué les enfants juifs de l’école de Toulouse pour « venger les enfants palestiniens », c’était là encore sans doute de l’antisionisme. N’allez surtout pas croire que Merah était antisémite.

On nous a vendu aussi qu’il n’y avait pas de problème à la RATP de conducteurs qui ne veulent pas conduire après des femmes, c’est un fantasme de la fachosphère. De la même manière les prières de rues n’existent pas ou alors elles sont justifiées et ça ne dérange que la droite. Les horaires séparés hommes / femmes dans les piscines municipales, un fantasme là encore, etc.

On nous a vendu que le féminisme c’est de trouver qu’une femme qui porte le voile, c’est bien. Il y en a qui achètent comme le prouve cette bande dessinée d’une certaine Emma qui illustre exactement ce propos.

Enfin on nous a vendu qu’il ne faut pas faire d’amalgame, que la « radicalisation » ne concerne qu’une petite partie de la communauté musulmane mais on placarde la charte de la laïcité dans tous les hôpitaux et dans toutes les écoles. Vous comprenez, la charte de la laïcité, elle est pour tout le monde, elle ne vise personne en particulier hein ! N’allez pas non plus voir dans l’expansion extraordinaire du marché du halal en France le moindre signe de radicalisation.

On nous a menti.

Il y a une terrible fracture en France entre la communauté musulmane et le reste de la communauté nationale. On a laissé des leaders d’opinions comme Tariq Ramadan et d’autres prédicateurs faire des dégâts considérables. Mohamed Merah par exemple n’était pas un islamiste. Son discours était le même que celui d’une masse de personnes. Il est passé à l’acte non pas parce qu’il était un fanatique religieux mais parce qu’il avait une haine profonde et un profil de criminel. Une haine de la France et une haine des juifs qui lui ont été inculquées par sa famille et par ces leaders d’opinions.

La masse de tweets et de commentaires haineux ainsi que la quantité de menaces de mort reçues en réaction à la Une de Charlie Hebdo sont très révélateurs de cette réalité.

Il est temps que l’on arrête de parler d’islamisme. Il s’agit d’un problème de masse bien plus large dans la communauté musulmane qui est loin de ne concerner que les fanatiques religieux. Prétendre que seuls les islamistes posent problème est un mensonge qui ne contribue pas à faire prendre conscience à nos compatriotes musulmans de leur nécessité d’introspection.

Français juifs : où serons-nous en 2020 ?

arrivée-en-israel-1021x580

Les français juifs sont environ 0,7% de la population française alors que les actes antisémites représentent 30% des actes racistes enregistrés en France en 2016 (source : Service Central du Renseignement Territorial).

Le problème de l’antisémitisme et sa proportion démesurée, notamment en France, est donc loin d’être un fantasme. Accusés d’être des « pleurnicheurs » – expression plébiscitée par Dieudonné – par les « antisionistes » (comprendre antisémites) tel un réflexe pavlovien dès que le sujet de l’antisémitisme est évoqué, les français juifs ont pourtant de manière factuelle totalement raison de s’indigner.

Cette situation, nous la voyons venir et se dégrader au moins depuis les années 2000. Comme beaucoup de français juifs, je ne me fais pas d’illusion.

Cette situation ne changera pas et va continuer à se dégrader. Se faire insulter, cracher dessus, etc. la plupart des victimes le vivent maintenant en silence comme si c’était devenu normal.

Comme l’a dit Joann Sfar dans un post Facebook : « Sur ces affaires, la plupart des victimes ferment leurs gueules, se font les plus petites possibles, en espérant que l’orage passe, pour ne pas donner des idées à d’autres salopards. Il ne va pas passer, l’orage. Tout le monde a très bien compris. ».

Pour ma part, j’ai la chance de vivre dans le XVIIe arrondissement de Paris. Comme une grande partie de l’Ouest parisien, mon quartier, c’est un peu Disneyland. Un monde où tout a l’air d’aller bien mais qui ne correspond pas à la réalité du reste de la France. Père de deux enfants, comme tous les parents, en plus de les éduquer, j’ai la responsabilité de les protéger. Et pour assurer cette responsabilité, il y a un critère fondamental : être capable d’anticiper.

Anticiper que l’état ne sera peut-être pas toujours en mesure de nous protéger. Je me souviens encore de l’été 2014 où des manifestations dites de « soutien à la Palestine » ont finit par des prises d’assaut de synagogues en plein Paris et de quartiers juifs notamment à Sarcelles. Nous n’étions pas loin d’un massacre…

Anticiper la passivité générale de notre société. Je me souviens, après l’attentat terroriste contre des enfants juifs en 2012, avoir manifesté spontanément le soir même.

Nous étions quelques milliers. Il n’y avait quasiment que des juifs qui battaient le pavé. L’absence de grande solidarité nationale alors que des enfants venaient d’être exécutés à bout portant me paraissait surréaliste. Où étaient les 4 millions de personnes avec qui j’ai manifesté le 11 janvier 2015 ?

Anticiper la dégradation de la situation. En plus des actes de violence répertoriés, il y a les actes antisémites du quotidien auxquels nous sommes tous confrontés à des degrés différents en fonction de notre exposition.

Je ne suis ni croyant ni religieux, je ne vais jamais à la synagogue et pourtant, avec mon nom de famille, Cohen, j’y suis aussi confronté.

Si j’ai le malheur de faire un commentaire public sur Facebook, 9 fois sur 10, quel que soit le sujet, je me prends une remarque antisémite malgré la modération des commentaires.

Depuis 2 ans, je ne peux plus commander sur Internet à mon nom si je veux que le colis arrive intact, je commande à présent au nom de ma femme pour ne plus avoir de problème.

Pour survivre, anticiper est une nécessité absolue. Mais une fois qu’on a anticipé que la situation n’est plus tenable, qu’est-ce qu’on doit faire ?

Il y a un quatrième point à anticiper.

Anticiper notre comportement d’autruche. Autour de 10 000 juifs quittent la France chaque année. De plus en plus, ceux qui sont encore là et dont je fais partie, n’ont absolument pas envie de partir.

Très attaché à la France – mon seul et unique pays – à ma culture et à ma langue, je ne me vois pas vivre ailleurs. Pourtant, de la même manière que les juifs ont du quitter les pays arabes (cf tableau ci-dessous) où ils vivaient depuis la fin du XVe siècle à cause de la montée de l’antisémitisme musulman, je n’ai aucun doute que tôt ou tard, pour les mêmes raisons, nous devrons quitter la France. 2020 ? 2025 ? 2030 ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que nous avons tous le devoir d’anticiper. Anticiper pour le voir venir et anticiper pour pouvoir partir.

sa0108-juifs-refugies-tableau

Sources : https://www.lesechos.fr/30/03/2017/lesechos.fr/0211929669416_le-nombre-d-actes-racistes-et-antisemites-a-baisse-en-2016.htm

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120320.OBS4138/marche-pour-les-victimes-de-toulouse-on-est-la-par-solidarite.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Exode_des_Juifs_des_pays_arabes_et_musulmans#cite_note-151