Femmes, je vous aime

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La journée du droit des femmes a le mérite de souligner – voire de mettre en lumière pour certains – les incroyables inégalités qui perdurent encore entre les hommes et les femmes : inégalités de salaire, inégalités dans les responsabilités confiées à compétences égales avec un homme, etc.

Il y a aussi tout ce que subissent régulièrement toutes les femmes : drague lourde à laquelle elles doivent faire face, le jugement permanent lorsqu’elles s’habillent légèrement, les lourds qui leur font la bise en embrassant bien la joue, le jugement des autres quand elles ont une sexualité plus libérée que « ce qu’il faudrait », le jugement lorsqu’elles ne veulent pas allaiter, le jugement lorsqu’elles ne veulent pas avoir d’enfant, le jugement lorsqu’une femme plus âgée est avec un homme plus jeune, etc. Et aussi des choses bien plus graves comme le harcèlement dans le travail ou dans les transports dont AUCUNE femme n’échappe.

Au quotidien, je vois dans le monde du travail ces petites phrases prononcées, ces attitudes ou ces postures prisent souvent sans mauvaise intention mais qui dans l’inconscient maintiennent ces différences. Je le vois aussi quand je vais au magasin de jouets avec mes enfants où l’on retrouve encore des « jouets pour filles » : chariot de ménage, table et fer à repasser, etc. Je vous laisse regarder les deux copies d’écran (ci dessous) de Google Image lorsque l’on cherche « femme » vs lorsque l’on cherche « homme » qui sont aussi très révélatrices.

Il me paraît essentiel quand on est un homme de réfléchir et de transposer toutes les situations pour voir si en inversant hommes et femmes, ces situations choqueraient.

Les femmes ne sont pas une minorité. Elles représentent la moitié de l’humanité et même la meilleure. Elles ne sont pas violentes, elles font preuve d’empathie, elles ont cette spécificité de pouvoir donner la vie et subissent avec courage toutes les souffrances que cela occasionne. Quel courage, elles ont ! Elles méritent notre respect infini.

Lettre ouverte au CRIF et à ceux qui s’acharnent sur Léa Salamé

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Le 10 février dernier, Léa Salamé était face à Marine Le Pen dans l’Emission Politique. Elle a posé une question très pertinente sur la bi-nationalité franco-israélienne de certains juifs français mais dont la première formulation prêtait à confusion, formulation qu’elle a immédiatement corrigée en reposant la question :

« Est-ce que vous demandez aux Juifs français de renoncer à leur bi-nationalité israélienne ? »
« Donc vous demandez aux juifs français qui nous regardent de renoncer s’ils voulaient avoir la double nationalité israélienne ? »

La première formulation aurait été maladroite si elle n’avait pas été immédiatement reformulée mais elle l’a été donc il n’y a pas de sujet.

Dans la pratique, tous les juifs français et plus généralement tous les juifs du monde peuvent demander (et obtenir) la nationalité israélienne. Ça ne veut pas dire que tous les juifs français ont la bi-nationalité mais bien qu’ils peuvent l’avoir. La question de Léa Salamé n’est donc absolument pas critiquable.

J’ajoute que je remercie Léa Salamé de l’avoir posée à Marine Le Pen. Elle a permis d’ouvrir les yeux à certains juifs – de plus en plus complaisant avec le Front National – en leur faisant comprendre qu’ils ne seraient pas épargnés par le repli sur soi de ce parti si MLP se retrouvait au pouvoir.

Mais certains, au lieu de s’intéresser à la réponse de Marine Le Pen ont jugé utile de polémiquer sur du vent et de s’acharner sur Léa Salamé voire de la traiter d’antisémite. Le CRIF, dans une publication Facebook déclare : « Les citoyens français juifs sont profondément choqués par cette affirmation qui rappelle les vieilles rengaines antisémites de double allégeance. ».

Le CRIF devrait passer un peu plus de temps, pour se détendre, à lire la presse people. Ils apprendraient que Léa Salamé partage sa vie avec Raphaël Glucksmann (qui est juif, je précise just in case) et qu’elle est enceinte de lui.

Le CRIF devrait aussi se remettre un peu en question. Ils dénoncent l’organisation juive qui a rencontré des cadres du FN parlant d’un « cordon sanitaire autour du FN » qui serait un « impératif républicain » pour les juifs mais concrètement ils n’endiguent en rien, avec de vrais arguments à l’appuie, le nombre croissant de juifs qui se font berner par le FN.

Léa Salamé a donc réussi en moins d’une minute à faire ce que le CRIF n’a pas su faire ces dernières années avec les juifs français qu’il prétend représenter.

Bravo Léa

Pourquoi je vais voter pour Emmanuel Macron

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Il y a 2 semaines, j’écrivais : « Pourquoi Macron peut devenir Président en mai si Valls est éliminé dimanche ». L’affaire Penelope Fillon n’avait pas encore eu lieu. À présent, alors que l’électorat de droite a des incertitudes sur son candidat, c’est le bon moment pour partager mes réflexions sur le sujet.

La gauche : c’était mieux avant

J’ai toujours voté à gauche jusqu’en 2007, jusqu’à ce que la gauche – ou du moins la majorité de la gauche – oublie certaines de ses valeurs fondamentales. Pour moi les gens de gauche étaient plus smart, pensaient aux autres, luttaient pour des causes justes. Mais un jour, la gauche s’est mise à prendre des postures, des caricatures de la gauche, peu importe que le combat soit juste ou non, si cette posture donne l’impression que l’on est humaniste, alors il faut la prendre. C’est une nouvelle gauche : la gauche du genre.

Cette gauche qui « n’aime pas les riches », mais qui se moque des plus démunis en les appelant des « sans-dents ». Cette gauche qui se dit proche du peuple mais dont la Ministre Delphine Batho occupait un HLM au détriment d’une famille réellement dans le besoin. Cette gauche dont le Ministre censé lutter contre la fraude fiscale possède lui-même un compte en Suisse. Cette gauche qui stigmatise les entrepreneurs en les diabolisant sans réaliser le mal qu’elle fait aux salariés qu’elle est censée défendre.

Cette gauche du genre – parfaitement incarnée aujourd’hui par Benoit Hamon – pactise en plus avec le diable quitte à oublier ses valeurs, notamment de laïcité, pour gagner des voix. C’est rédhibitoire. C’est cette gauche, même si je me reconnais dans certains de ses combats comme le mariage pour tous ou l’écologie, qui n’aura plus jamais mon vote.

La droite : c’est comme avant

Depuis c’est donc le plat de droite que je mange mais je dois avouer que je ne le digère pas toujours tout très bien. Même si, aussi absurde que cela puisse paraitre, on ne peut que constater aujourd’hui que la droite catho conservatrice défend mieux la laïcité que la gauche, mais il faut avaler avec les Morano, les Boutin et la manif pour tous, blurp.

Pour remplacer Sarkozy – qui était bien plus moderne malgré toute la détestation qu’il a suscité – cette droite là a choisi Fillon comme candidat. Retour donc vers une vieille droite conservatrice à l’ancienne. Et je ne parle même pas de l’affaire Penelope Fillon. Pour moi, c’est non.

Avec Macron, balle au centre ? Non, pas du tout.

Avec Macron, nous ne sommes pas au centre. Nous sommes là où le bon sens doit être. Economiquement libéral, moderne et pleinement capable de comprendre les enjeux du monde d’aujourd’hui, en rupture sur l’approche de la politique et responsable sur les questions de société. Je prends le pari que Macron connait le prix du ticket de métro, du pain au chocolat et qu’il connait Blablacar et Le Bon Coin.

Je cherche ce que je pourrais reprocher à Macron. Sincèrement à part ses cris en meeting et sa tirade sur Trump « l’américain » qui étaient un peu gênants, je suis en phase avec tout ce qu’il dit.

Voilà en vrac, quelques idées fortes de Macron qui me donnent envie de voter pour lui :
Sa position sur la laïcité
– Sa manière totalement en rupture de permettre à tout ceux qui le souhaitent de s’investir en politique dans son mouvement et de le représenter aux législatives
– Son souhait d’une totale parité pour les candidats qui représenteront En Marche ! C’est un vrai féministe dans le sens noble du terme.
– La suppression du RSI et l’allègement des charges patronales
– L’accès à la culture pour les jeunes
– Sa position ferme contre le boycott d’Israël (exprimée à nouveau au Liban il y a quelques jours)
– Le fait qu’il ait salué le courage de Simone Veil, ce qui tranche avec les propos de Fillon qui disait « qu’à titre personnel » il était contre l’avortement (même s’il ne remettrait jamais en cause le droit à celui ci).

Il dévoile petit à petit l’ensemble de son programme. Les premières idées sont convaincantes et le bon état d’esprit et les bonnes valeurs sont là. Macron incarne non seulement ce que la gauche moderne aurait du être mais il va plus loin, il incarne une vraie rupture politique. Personnellement, je marche.

 

Plus d’informations sur ce qu’Emmanuel Macron a dit à Lyon hier : http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/02/04/35003-20170204LIVWWW00092-en-direct-meeting-macron-a-lyon-discours-et-analyses.php

Pourquoi Macron peut devenir Président en mai si Valls est éliminé dimanche

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Si les élections étaient perçues par les électeurs comme un jeu d’échec, que l’on soit pour François Fillon ou pour Marine Le Pen, il faudrait clairement aller voter dimanche pour Manuel Valls et ainsi éliminer Benoît Hamon de la primaire socialiste. De la même manière si l’on est pour Emmanuel Macron, c’est pour Benoît Hamon qu’il faudrait glisser un bulletin dimanche prochain. Voilà pourquoi :

Hypothèse 1 : Hamon gagne la primaire, Valls est éliminé

Lors de la présidentielle, la gauche de la gauche sera répartie entre Mélenchon et Hamon qui feront tous les deux un score médiocre.
Emmanuel Macron récupèrera alors la majeure partie de la gauche restante ainsi que le centre et même le centre-droit qui refusera de voter pour François Fillon qu’il estime trop conservateur.
Avec cet électorat qui va de la gauche au centre droit, Emmanuel Macron a une réelle chance de dépasser le candidat prévu par les sondages comme futur 2e : à priori François Fillon mais peut-être aussi Marine Le Pen (ils sont au coude à coude autour de 25%).

a) Un second tour Marine Le Pen / Emmanuel Macron
Si Macron dépasse Fillon au premier tour et se retrouve face à Marine Le Pen au second, il l’emportera à coup sûr. Les électeurs de gauche voterons pour lui sans se poser de question et les électeurs de droite pour la très large majorité également. C’est cependant probablement face à lui que Marine Le Pen fera son meilleur score au second tour, ce qui explique pourquoi elle souhaite tant se retrouver face à Macron.
=> Macron sera élu.

b) Un second tour François Fillon / Emmanuel Macron
Si Macron dépasse Marine Le Pen au premier tour et se retrouve face à François Fillon au second, il l’emportera aussi très probablement. Les électeurs de gauche voteront pour lui, là encore, sans se poser de question et les électeurs du centre-droit aussi majoritairement. Le report des électeurs du FN ne sera pas du tout automatique et la dynamique autour d’un Macron « surprise du premier tour » jouera en sa faveur.
=> Macron sera élu

Hypothèse 2 : Valls gagne la primaire, Hamon éliminé

Si Valls gagne la primaire, étant donné qu’il est positionné sur une ligne politique proche de celle de Macron, il risque de partager avec lui – lors du premier tour de la présidentielle – le score de la gauche.

La gauche de la gauche sera rassemblée autour de Mélenchon qui fera un score honorable. La gauche et le centre-gauche se répartiront entre Valls et Macron et le centre-droit ira sur Macron. Macron fera donc un meilleur score que Valls mais ce score sera largement insuffisant – affaibli par la présence de Valls – pour se hisser à la 2e place qu’il laissera à Fillon ou MLP selon l’ordre des résultats de ces deux candidats. Nous aurons donc un deuxième tour Fillon / Le Pen avec une victoire nette de Fillon.
=> Fillon sera élu.

Si Benoît Hamon gagne la primaire socialiste dimanche prochain, Emmanuel Macron a donc une réelle chance de gagner la présidentielle. Si Valls gagne alors Macron sera 3e après Le Pen et Fillon. Le seul paramètre qui peut tout faire basculer est la décision de François Bayrou…. Nan je rigole : 0 impact, 0 influence. C’est ce qu’on appelle en probabilité « un événement indépendant ».

Que vous soyez pour Macron, Fillon ou Le Pen, vous savez donc pour qui aller voter dimanche à la primaire de la gauche. Sortez les popcorns !

La défaite des juifs de France

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Je reviens de la manifestation qui a eu lieu devant l’ambassade d’Israël (pourquoi devant l’ambassade d’ailleurs ?). Cette manifestation avait pour objectif d’affirmer avec force le désaccord de la communauté juive de France concernant la conférence – organisée ce jour à l’initiative de François Hollande – visant à trouver une issue au conflit israélo-palestinien sans la présence d’Israël et de l’Autorité Palestinienne.

Cette conférence n’a aucun intérêt et aucune chance d’aboutir à quoi que ce soit de concret. Après la résolution honteuse votée notamment par la France de François Hollande qui fait du mur de Jerusalem une « colonie » israélienne – et qui en dit long sur le parti pris du gouvernement – comment penser un seul instant qu’Ayrault et son équipe de bras cassés arriveront à résoudre le conflit israélo-palestinien sans israélien et sans palestinien ?! C’est un peu comme si une conférence était organisée pour que les français fassent la paix avec les Daeshois après le vote d’une résolution qui déclare que la Tour Eiffel est une terre d’Islam.

Mais le sujet n’est pas là. Le sujet est d’analyser comment notre communauté s’organise pour garder sa place dans la société française : une place menacée de plus en plus par l’antisionisme – qui n’est autre que de l’antisémitisme autorisé par la loi – d’abord toléré, puis utilisé par nos politiques, surtout de gauche, pour gagner le vote musulman. Comment la communauté juive fait face à ce problème majeur qu’elle semble être seule (hormis quelques amis) à réaliser ?

La communauté juive n’est pas qu’une seule voix. Comme le dit le dicton : 2 juifs, 3 avis.

Il y a ceux qui partent
La majorité d’entre eux sont attachés à la France mais ils ont baissé les bras. Ils n’y croient plus et ils ne se sentent plus chez eux en France. Beaucoup sont partis en Israël. Ils ne sont pas partis par lâcheté. Bien souvent leur niveau de vie baisse drastiquement là bas. Ils sont partis parce que pour eux : il n’y a plus d’espoir pour les juifs de France et ils ne veulent pas que leurs enfants grandissent dans ce climat de haine. Ils ne se sentent plus en sécurité en France malgré l’armée et la police devant leurs synagogues et leurs lieux culturels.

Il y a ceux qui rejoignent des associations/organisations
Ceux là sont volontaires et combatifs mais de moins en moins nombreux et éparpillés dans une multitudes d’organisations qui font toutes la même chose et tiennent peu ou prou le même discours. Bien souvent les membres sont là parce qu’ils ressentent le besoin de faire quelque chose mais ils se lassent vite face à l’inefficacité des actions et la perte de temps que cela représente au détriment de leur famille et de leurs amis. Incapables de s’organiser, plus préoccupées par des luttes de petits chefs et la concurrence entre elles, ces associations rassemblent au maximum quelques centaines de personnes – âgées de 50/60 ans majoritairement – dans les manifestations.

Le cas du CRIF
Le CRIF est censé représenter les organisations juives de France mais en réalité ne représente pas grand chose d’autre que lui même. Ce qui n’est pas toujours un mal ! Elle est la seule organisation juive capable de déplacer des personnalités politiques de premier plan à ses événements et de mener des actions d’envergure. Son discours lissé, lissé et re-lissé pour qu’il passe partout détourne beaucoup de juifs qui ne se sentent plus représentés par cette organisation.

D’une manière générale, le combat communautaire a peu de chance d’aboutir à quoi que ce soit : les juifs représentent moins d’1% de la population française.

Il y a ceux qui ne veulent pas voir
La majorité des juifs de France sont dans ce cas. C’est probablement le plus simple : ne pas voir ou voir le moins possible. C’est moins anxiogène. Malheureusement la réalité les rattrape souvent. Jusqu’à quand pourront-ils regarder ailleurs ?

Il y a ceux qui s’auto-flagellent / les juifs honteux
Ont-ils besoin d’une description ? La détestation de soi relève de la psychiatrie.

Quel constat pour la communauté juive de France ?

– Elle n’a pas su empêcher le BDS et assimilés de faire leur place et de décomplexer l’antisionisme et donc l’antisémitisme
– Elle n’est plus mobilisée et peu organisée. Lorsqu’elle manifeste pour se faire entendre, elle ne rassemble que quelques centaines de personnes et très peu de jeunes.
– Lorsqu’il y a des manifestations pro-Gaza, elle rase les murs (et on comprend pourquoi !)
– Elle ne croit plus que les choses peuvent changer.

Les juifs perdent petit à petit leur place dans la communauté nationale.

La communauté juive de France a perdu.

Lettre à Gilbert

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Mon cher Gilbert,

Quelle tristesse d’apprendre ce matin que tu es parti. Tu fais partie de ces personnes que l’on rencontre dans la vie et qui marquent pour toujours.

Ma grand mère répétait souvent que l’on est « de passage » sur Terre. Ce qui est sur c’est que tu n’y es pas passé pour rien. Tu as fondé une belle et grande famille et surtout tu as su fédérer comme personne. Tu as fait de ta maison la maison du bonheur. Une maison toujours ouverte à tous. On peut même dire que tu as « industrialisé » le fait de rassembler tes frères. C’était presque un métier. Des grands moments de partages, toujours dans cette même bonne ambiance et dans cette tradition juive authentique. Tout le monde était toujours heureux de se rassembler autour de toi. Tu as même réussi à me faire venir à un cours de Thora !

Je suis persuadé qu’aujourd’hui le nombre de personnes qui te pleurent est hors norme. On est tous conscient qu’il sera difficile de prendre la relève. Sache que ta générosité et ce rôle de père juif fédérateur que tu incarnais si bien sont une véritable source d’inspiration pour nous tous. Merci pour ce que tu as été, merci pour tout. Pars tranquille.

FDC

La victoire de Trump, c’est un peu la votre

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Donald Trump a dépensé 8 fois moins qu’Hillary Clinton pour sa campagne et il a été élu : 8 fois moins d’argent et 8 fois moins de personnel de campagne. (Source : Dana White / Laure Mandeville – Le Figaro).

S’il a été élu, c’est parce qu’il a compris comment fonctionne la communication dans le monde d’aujourd’hui. Il a fait ce que l’on appelle dans le jargon Internet : du growth hacking. Il a hacké la croissance pour passer en 2 ans d’un « simple » citoyen à un présidentiable puis à un Président.

La proposition de valeur de Trump

Pour Trump, le « pain point » majeur des Républicains et plus généralement du peuple est qu’il n’y a plus de vote d’adhésion parce que pour la majorité, que le candidat soit Démocrate ou Républicain, ça ne change pas grand chose. Ils sont dans un moule politique formaté, démago, au discours lissé notamment sur les sujets qui les préoccupent. Trump n’étant pas un homme politique, il a facilement pu prendre la posture de celui qui incarnait le changement de ce côté avec un slogan très fort : Make America great again.

L’acquisition : En politique, il n’y a pas de bad buzz tant qu’il y a de l’exposition

Pour devenir dans l’esprit des gens LE candidat évident des Républicains, il a pris d’assaut l’espace médiatique. Avec des sorties brutales, tout le monde reprenait en coeur sa moindre phrase avec indignation. Il a abordé les sujets qui préoccupent comme un gros beauf alors qu’en face ça n’était qu’indignation avec en parallèle des non-dits par démagogie sur ces mêmes sujets. Dans un monde où les gens ne lisent que les titres sur les réseaux sociaux, les Républicains ne voyaient que Trump, Trump, Trump. Quels étaient les autres candidats de la primaire Républicaine ? Que disaient-ils ? Et après, quelle était la ligne de Clinton à part de l’anti-Trump ? On ne sait pas. On sait par contre très bien ce que disait Trump, et ça c’est grâce à vous !

L’activation et la rétention : Il vaut mieux être adoré par sa cible même si on est détesté par ceux qui n’en font pas partie

Chaque partisan de Trump savait bien pourquoi il roulait pour lui. Il n’y avait donc rien qui pouvait le faire changer d’avis. Pour Clinton, l’adhésion était moins solide. Celle qui était la plus engagée était basée essentiellement sur de l’anti-Trump.

Tous les anti-Trump ont fait exactement ce que Trump voulait : ils ont servi de relais médiatiques pendant 2 ans

L’exemple le plus frappant était le discours de Melania Trump totalement pompé sur celui de Michele Obama. Comment les anti-Trump ont pu penser un seul instant qu’il s’agissait d’un hasard et que cet événement n’était pas prémédité ? À considérer que personne ne fasse le rapprochement, Michele Obama et/ou les personnes qui ont travaillé sur ce discours en 2008 allaient forcément reconnaitre leur discours et en parler.
Tous les indignés qui ont pris un plaisir à se moquer de Melania et de Donald ont en fait fait exactement ce que Trump attendait d’eux : ils lui ont donné de l’exposition. Ils ont totalement été manipulés. Encore une fois sans vous, ça n’aurait pas été possible. 

En conclusion

Oui Trump est un populiste qui a joué sur les pires instincts pour faire sa place. Oui c’est désolant que la majorité des gens ne lisent que les titres des articles. Oui c’est triste de ne pas être capable d’être concentré plus de 140 caractères. Oui c’est dramatique de préférer la polémique au débat de fond. Mais le monde d’aujourd’hui est ainsi alors on fait quoi ? On continue à prendre des postures d’indignés plutôt que de parler avec intelligence et énergie des sujets qui préoccupent ? On continue de regarder avec mépris les changements de notre monde et de notre manière de communiquer ou on s’adapte ? On continue avec des politiques dont plus personne ne veut ou on réinvente la politique ?