Facile de déclarer que l’on est contre l’antisémitisme

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La question de l’antisémitisme est un sujet qui me tient forcément à coeur. Quand on s’appelle Cohen, c’est un peu comme si on portait en permanence l’étoile jaune. Pourtant, je ne suis pas allé à ce rassemblement contre l’antisémitisme hier soir. La raison est simple : l’antisémitisme qui tue aujourd’hui en France porte un nom : l’antisionisme. Sans action concrète qui vise à lutter contre ce fléau, tout cela est une mascarade qui ne sert qu’à se donner bonne conscience ou à faire de la communication politique.

Depuis des années, je dénonce l’antisionisme. Sur mon blog, j’ai probablement expliqué de toutes les manières possibles pourquoi il s’agissait d’une nouvelle forme d’antisémitisme, pourquoi le mot « sioniste » n’est qu’une acrobatie sémantique pour se donner le droit d’exprimer et de propager légalement sa haine du juif. Rien n’a changé. Nous en sommes exactement au même point. Et on entend toujours cet argument vaseux décrivant l’antisionisme comme la critique de la politique d’Israël. C’est faux ! Être antisioniste aujourd’hui n’a aucun sens.

Le sionisme est une idéologie qui prône le retour des juifs sur leur terre ancestrale et la création d’une nation – Israël – qui les représente. Depuis 1948, le sionisme est une réalité et Israël existe. C’est un pays reconnu par l’ONU et par la large majorité des pays développés.
Par opposition l’antisionisme est une idéologie qui était contre la création de l’état d’Israël et le retour des juifs de la diaspora sur leur terre ancestrale. Mais quel est le sens de l’antisionisme en 2019 maintenant qu’Israël et son peuple existent ? Ça n’est certainement pas la critique de Netanyahu. Quand on critique un homme politique ou un gouvernement, on est simplement un opposant. L’antisionisme veut dire autre chose. Cela veut dire que l’on nie à Israël et à son peuple le droit d’exister, que l’on est donc pour la destruction de ce pays et le déplacement voire l’extermination de son peuple. Ça n’est pas tout à fait la même chose que de critiquer le nouveau Président du Brésil ou le gouvernement chinois ! Sans aucune ambiguïté l’antisionisme est aujourd’hui tout simplement l’expression violente d’une haine raciale dirigée contre le peuple juif. C’est bien ce que l’on appelle de l’antisémitisme.

L’histoire m’a tristement donné raison. C’est bien cette idéologie qui a tué Sebastien Selam, Ilan Halimi, Myriam Monsonego, Gabriel, Arieh et Jonathan Sandler, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada, Sarah Halimi et Mireille Knoll. Les assassins ont systématiquement le même profil : musulmans radicalisés et donc antisionistes (ça fait partie du package). D’ailleurs Merah quand il a tué à bout portant des enfants français juifs, avait déclaré qu’il voulait « venger les enfants palestiniens ». Coulibaly avait tenu le même genre de propos pendant l’attentat de l’Hypercacher. Que faut-il de plus ?

Les actes antisémites augmentent en correlation avec la propagation et la banalisation de ce discours antisioniste. On le voit depuis des années pour qui veut bien regarder sur les pages communautaristes musulmanes, sur les pages antisionistes, qui rassemblent parfois plus d’un million de personnes. L’antisionisme est une véritable obsession sur ces pages qui suintent la haine du Juif. Que faut-il de plus ?

Aujourd’hui, les articles produits par l’AFP et certains médias de gauche reprennent le vocabulaire antisioniste qui se retrouve ainsi banalisé, généralisé, accepté. La conséquence est sans appel. Cette haine devient massive. Elle est partout. Omniprésente. Dans tous les commentaires sur les réseaux sociaux sous des articles qui parlent des juifs ou d’Israel. Les graffitis se multiplient, les profanations de cimetières aussi. Les enfants juifs ne peuvent plus être scolarisés en banlieue de l’aveu même du Ministre de l’Education Nationale. La Shoah ne peut plus être enseignée depuis des années dans de nombreuses écoles. QUE FAUT-IL DE PLUS ???

La réponse est-elle sérieusement de marcher place de la République avec une pancarte #ÇaSuffit en étant fier d’avoir exclu Marine Le Pen (qui est par ailleurs la seule à avoir su placer les bons mots, c’est à vomir) ?

Quelque part, je regrette de ne pas avoir été là avec tout ceux qui ne sont pas juifs et qui étaient présents hier. J’ai vu sur Twitter des gens du Refuge, d’autres victimes de la haine, ça m’a fait chaud au coeur. Mais il faut comprendre que pour réellement lutter contre l’antisémitisme il va falloir faire un peu plus que marcher place de la République. Il va falloir faire l’effort de comprendre ce qui se passe, de pointer du doigt ce qui est la cause de tout cela. Réaliser que l’antisionisme est le seul et unique lien direct avec ces violences. Ça n’est pas simple, il y aura des oppositions, surtout à gauche, mais si vous voulez vraiment lutter contre l’antisémitisme et pas simplement déclarer être contre, ça sera l’effort nécessaire. En êtes-vous réellement prêts ?

Lettre ouverte au maire de Clichy Rémi Muzeau

Monsieur le Maire,

Je m’appelle Frank-David Cohen, je suis parisien depuis près de 40 ans. Avec ma femme et mes deux enfants, nous nous apprêtons à devenir clichois prochainement. Nous allons emménager rue Huntziger.

Par curiosité, je me suis demandé qui était ce Monsieur Huntziger à qui cette rue rendait hommage. C’est avec beaucoup d’étonnement et de dégout que j’ai découvert qu’il était membre du gouvernement de Vichy en 1940 et l’un des signataires de la loi portant sur le statut des juifs leur interdisant l’accès à un certain nombre de fonctions et notamment l’accès et l’exercice des fonctions publiques.

Arrière petit fils de déportés, ma famille paternelle, décimée par la guerre a changé de nom pour cacher sa judéité. Ça n’est qu’en 2014, après des années de procédures, que j’ai pu récupérer mon nom d’origine. Il me parait totalement inconcevable aujourd’hui de rendre hommage à un tel personnage à chaque fois que j’indiquerai mon adresse et que je devrai écrire son nom. Le nom de Charles Huntziger doit être oublié. Il fait honte à la France, peu importe ses succès en tant que chef de guerre français de la Première Guerre Mondiale.

Alors qu’aujourd’hui l’antisémitisme prolifère comme jamais depuis le guerre, il serait un symbole fort et courageux de remplacer le nom de Charles Huntziger par celui de Simone Veil, rescapée des camps de la mort et qui a tant apporté à la France.

Dans l’espoir que vous donniez une suite favorable à ma requête, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en l’expression de ma plus haute considération.

Frank-David Cohen

EDIT 30/10/2018 : Plusieurs commentaires d’internautes ont mis en lumière le fait que cette rue Huntziger ne rendrait pas hommage à Charles Huntziger mais au Clairon Huntziger qui a combattu en 1871 et faisait partie du 34e bataillon de Clichy. La rue porterait ce nom depuis 1882 (le Huntziger collabo étant lui né en 1880…). Afin d’éviter toute ambiguïté, étant donné malheureusement que Charles Huntziger est bien plus tristement célèbre que le valeureux clairon Huntziger, peut-être serait-il judicieux de préciser sur la plaque qu’il s’agit du clairon ?

Vous trouverez, attachés à cette lettre les documents suivants :
– L’étoile jaune que portait ma grand-mère comme cela était imposé à tous les français de confession juive.
– L’acte de décès de mon arrière grand père, arrêté par la police française le 14 aout 1943 avec toute sa famille dans son appartement 90 Boulevard de Courcelles (17e arrondissement de Paris) et exterminé à Auschwitz (Convoi numéro 59 du 2 sept 1943).
– Un courier du commissariat général aux questions juives qui demandait la saisie par l’Etat de la machine à écrire de mon grand-oncle arrêté le même jour au même endroit et déporté également à Auschwitz. Ce courrier administratif et si symbolique souligne l’importance de ne pas honorer le moindre membre du gouvernement de Vichy, partisan de cette collaboration si organisée.
– La loi portant sur le statut des juifs dont Charles Huntziger était signataire

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Français juifs : où serons-nous en 2020 ?

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Les français juifs sont environ 0,7% de la population française alors que les actes antisémites représentent 30% des actes racistes enregistrés en France en 2016 (source : Service Central du Renseignement Territorial).

Le problème de l’antisémitisme et sa proportion démesurée, notamment en France, est donc loin d’être un fantasme. Accusés d’être des « pleurnicheurs » – expression plébiscitée par Dieudonné – par les « antisionistes » (comprendre antisémites) tel un réflexe pavlovien dès que le sujet de l’antisémitisme est évoqué, les français juifs ont pourtant de manière factuelle totalement raison de s’indigner.

Cette situation, nous la voyons venir et se dégrader au moins depuis les années 2000. Comme beaucoup de français juifs, je ne me fais pas d’illusion.

Cette situation ne changera pas et va continuer à se dégrader. Se faire insulter, cracher dessus, etc. la plupart des victimes le vivent maintenant en silence comme si c’était devenu normal.

Comme l’a dit Joann Sfar dans un post Facebook : « Sur ces affaires, la plupart des victimes ferment leurs gueules, se font les plus petites possibles, en espérant que l’orage passe, pour ne pas donner des idées à d’autres salopards. Il ne va pas passer, l’orage. Tout le monde a très bien compris. ».

Pour ma part, j’ai la chance de vivre dans le XVIIe arrondissement de Paris. Comme une grande partie de l’Ouest parisien, mon quartier, c’est un peu Disneyland. Un monde où tout a l’air d’aller bien mais qui ne correspond pas à la réalité du reste de la France. Père de deux enfants, comme tous les parents, en plus de les éduquer, j’ai la responsabilité de les protéger. Et pour assurer cette responsabilité, il y a un critère fondamental : être capable d’anticiper.

Anticiper que l’état ne sera peut-être pas toujours en mesure de nous protéger. Je me souviens encore de l’été 2014 où des manifestations dites de « soutien à la Palestine » ont finit par des prises d’assaut de synagogues en plein Paris et de quartiers juifs notamment à Sarcelles. Nous n’étions pas loin d’un massacre…

Anticiper la passivité générale de notre société. Je me souviens, après l’attentat terroriste contre des enfants juifs en 2012, avoir manifesté spontanément le soir même.

Nous étions quelques milliers. Il n’y avait quasiment que des juifs qui battaient le pavé. L’absence de grande solidarité nationale alors que des enfants venaient d’être exécutés à bout portant me paraissait surréaliste. Où étaient les 4 millions de personnes avec qui j’ai manifesté le 11 janvier 2015 ?

Anticiper la dégradation de la situation. En plus des actes de violence répertoriés, il y a les actes antisémites du quotidien auxquels nous sommes tous confrontés à des degrés différents en fonction de notre exposition.

Je ne suis ni croyant ni religieux, je ne vais jamais à la synagogue et pourtant, avec mon nom de famille, Cohen, j’y suis aussi confronté.

Si j’ai le malheur de faire un commentaire public sur Facebook, 9 fois sur 10, quel que soit le sujet, je me prends une remarque antisémite malgré la modération des commentaires.

Depuis 2 ans, je ne peux plus commander sur Internet à mon nom si je veux que le colis arrive intact, je commande à présent au nom de ma femme pour ne plus avoir de problème.

Pour survivre, anticiper est une nécessité absolue. Mais une fois qu’on a anticipé que la situation n’est plus tenable, qu’est-ce qu’on doit faire ?

Il y a un quatrième point à anticiper.

Anticiper notre comportement d’autruche. Autour de 10 000 juifs quittent la France chaque année. De plus en plus, ceux qui sont encore là et dont je fais partie, n’ont absolument pas envie de partir.

Très attaché à la France – mon seul et unique pays – à ma culture et à ma langue, je ne me vois pas vivre ailleurs. Pourtant, de la même manière que les juifs ont du quitter les pays arabes (cf tableau ci-dessous) où ils vivaient depuis la fin du XVe siècle à cause de la montée de l’antisémitisme musulman, je n’ai aucun doute que tôt ou tard, pour les mêmes raisons, nous devrons quitter la France. 2020 ? 2025 ? 2030 ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que nous avons tous le devoir d’anticiper. Anticiper pour le voir venir et anticiper pour pouvoir partir.

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Sources : https://www.lesechos.fr/30/03/2017/lesechos.fr/0211929669416_le-nombre-d-actes-racistes-et-antisemites-a-baisse-en-2016.htm

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120320.OBS4138/marche-pour-les-victimes-de-toulouse-on-est-la-par-solidarite.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Exode_des_Juifs_des_pays_arabes_et_musulmans#cite_note-151

Ce documentaire sur l’antisémitisme censuré par Arte

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Cachez cet antisémitisme que je ne saurais voir. Après une grosse polémique en Allemagne et en France, Arte a finalement diffusé hier soir le documentaire : « Les nouveaux visages de l’antisémitisme » qui pointe du doigt clairement le nouvel antisémitisme qui fait des ravages : l’antisémitisme musulman.

La diffusion était à 23h, histoire de faire le moins d’audience possible. Il est néanmoins à présent disponible en replay à cette adresse : http://www.arte.tv/fr/videos/076792-001-A/reprise-du-programme-de-das-erste-autour-du-film-elus-et-exclus

Pourquoi cette censure ?

  1. Parce qu’il révèle, images à l’appui, toute la réalité de ce qui se passe pour les juifs d’Europe dans l’indifférence quasi-générale.
  2. Parce qu’il démontre incontestablement l’antisémitisme qui anime les obsessionnels de la cause palestinienne (BDS, etc.).
  3. Parce qu’il va jusqu’en Israël et dans les territoires palestiniens pour vérifier les arguments portés par ces obsessionnels pour justifier leur antisémitisme antisionisme, et qu’il démontre clairement :
    – que la bande de Gaza n’est pas une prison à ciel ouvert
    – que comparer la situation des palestiniens à celle des juifs pendant la Shoah et parler de génocide palestinien est grotesque et choquant
    – qu’il n’y a pas d’apartheid en Israël,
    – que le boycott des produits israéliens pénalise aussi les palestiniens,
    – que le Hamas est corrompu jusqu’à l’os et détourne les fonds des aides internationnales au détriment de la population palestinienne,
    – que l’ONU (notamment l’UNRWA) est une mascarade (les écoles de l’UNRWA servent de cache d’armes et de zone de lancement de roquettes par le Hamas et l’argent est totalement détourné).
  4. Parce qu’il met au pied du mur nos politiques qui laissent faire en faisant semblant de ne pas réaliser ce qui se passe (gavés de « Pas d’amalgame »).

Si vous avez envie de comprendre pourquoi il y a un exode massif de juifs européens vers Israel, si vous avez envie de comprendre pourquoi un français juif comme moi, français avant tout, se demande tous les jours non pas s’il va devoir quitter la France mais quand est-ce qu’il va falloir la quitter, regardez ce documentaire.

Seule une prise de conscience générale et un rejet massif de cet antisémitisme pourra faire changer les choses. Ça n’est pas un problème de « juifs et d’arabes ». C’est un problème national parce que cette situation ne permet plus aujourd’hui de vivre sereinement en France quand on est juif. Il ne s’agit pas de faire cela par sympathie particulière pour les juifs. Il s’agit de le faire pour préserver notre pays et nos valeurs de liberté.

Autrement un jour pas si lointain, il n’y aura plus de juif en France et en Europe. Et quand nous ne serons plus là, quand nous serons nombreux à faire des petits boulots en Israel, à avoir perdu notre confort et nos vies françaises par nécessité, à avoir accepté un déracinement si fort, nous réaliserons que nous avons au moins eu la chance d’avoir Israel pour nous accueillir et surtout nous penserons alors à vous, nos concitoyens français non juifs, nos proches, nos amis, qui n’avez pas cette chance…

Ce qui se passe aujourd’hui est très réel. La passivité est coupable.

 

*Le documentaire est disponible pour l’instant sur YouTube à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=oRVxLVUgxdA

 

1er avril 2017 : Ce jour où la France s’est couchée

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Il y a des jours qui marquent plus que d’autres. Des jours où nous franchissons une étape de plus vers ce que nous redoutons tous.

Aujourd’hui, 1er avril 2017, malgré nos tentatives répétées pour éviter que cela ne se produise, pour la première fois depuis Vichy, une manifestation ouvertement antisémite va avoir lieu en plein Paris – place du Châtelet à 14h – avec la bénédiction des autorités.

Parmi les signataires, on retrouve le PIR (vous savez, ces anti-racistes sélectifs ?) et des associations qui se revendiquent pro-palestiniennes.

Hier, la Maire de Paris, Anne Hidalgo a envoyé une lettre au Préfet de Paris Michel Cadot afin de l’alerter sur le caractère antisémite de cette manifestation et lui a demandé de l’interdir. Il n’a rien voulu savoir.

Hier après midi, le Premier Ministre Cazeneuve et le Ministre de l’Intérieur Fekl se sont réunis à ce sujet. La décision a été claire : pas d’interdiction.

C’est donc en totale connaissance de cause que notre gouvernement autorise cette manifestation antisémite à Paris.

Pire encore, la contre-manifestation est interdite et les effectifs de police ont été triplés pour empêcher ceux qui souhaiteraient râler que l’on crie dans la rue « mort aux juifs » ou encore « Séparation du CRIF et de l’Etat » (mot d’ordre de la manif). Nous avions déjà vécu en 2014 ces cris de haine dans nos rues, mais pour se rassurer, on se disait que ça n’était au moins pas autorisé. Cette fois non seulement ils pourront le faire, mais la police – dont ils ont l’habitude de bruler les voiture ou contre qui ils jettent des pierres sur la tête – sera là pour les protéger. Le monde à l’envers.

Mais vous comprenez, nous sommes en période d’élections, il ne faudrait surtout pas faire de vagues. Tant pis pour les juifs. Et puis, il n’y aura pas de débordements avec les juifs, pas de magasins cassés, tout ça… Personne ne va en parler. Voilà le petit calcul de Hollande et Cazeneuve. Pas un seul des candidats à la présidentielle ne s’est exprimé sur le sujet alors qu’ils ont tous été mis au courant…

À un moment, chers juifs de France, il va peut-être falloir en tirer des conséquences. Après Ilan Halimi, après les enfants juifs assassinés à Toulouse, après les juifs assassinés alors qu’ils faisaient leurs courses de Shabbat, après les manifestations de l’été 2014 avec un arrière gout de pogrom dans certains quartiers et maintenant cette manifestation – avec la bénédiction de l’état – dont le seul objectif est d’alimenter cette haine qui a causée tous ces morts – que nous faut-il de plus pour comprendre ?

Avant de décider de partir, nous devons nous battre tant que nous en avons encore le choix. D’autant qu’une partie de plus en plus importante de nos compatriotes (juifs ou non) est prête à se révolter face à cette France soumise. L’union fait la force. Nous devons nous mobiliser tous ensemble. Comme dit mon ami Jeremie Herscovic « aujourd’hui la désobéissance est un devoir ». Nous serons là à 14h place du Châtelet pour faire face à cette bête immonde qu’est l’antisémitisme et pour faire face à cette partie de la France qui se couche. Il faut le faire pour nous, pour nos enfants et pour honorer la mémoire de nos ancêtres. Nous ne serons plus jamais des victimes.

 

Une manifestation néo-nazie autorisée à Paris ce samedi

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Si je vous dis : « Les juifs contrôlent le monde et les médias », vous reconnaitrez certainement l’une des théories de la propagande nazie des années 30 développée dans Mein Kampf d’Hitler.

Samedi prochain, une manifestation pour dénoncer « la main-mise des juifs sur l’état » est organisée. Personne ne s’en émeut. Personne ne l’interdit. Ni Anne Hidalgo, ni la Préfecture de Police, ni le Ministre de l’Intérieur, ni le Premier Ministre, ni le Président de la République.

Je ne l’accepte pas.

La France est mon pays. Si en tant que français juif je dois finir par partir, je ne partirai pas sans me battre pour elle.

EDIT : Je serai là samedi 1er avril à 14h devant Beaubourg Place du Châtelet pour les empêcher de manifester.

Vous êtes libre de fermer les yeux et de regarder ailleurs ou de me rejoindre.

Parmi les signataires de ce rassemblement, on compte la France Insoumise, le parti de Jean-Luc Mélenchon ainsi que le PIR (Parti des indigènes de la République).

Merci de partager largement ce message. La réaction de tous fera peut-être réagir les autorités.

Frank-David

 

Voici la liste complète des organisateurs : CAPJPO-EuroPalestine, Droits Devant, Le PIR (Indigènes de la République), Association Femmes Plurielles, Le Collectif Ni Guerre Ni Etat de Guerre, Le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien, Collectif Urgence Palestine Cergy-Pointoise, Le Comité Poitevin Palestine, Le Cri Rouge, Comité d’action et de soutien aux luttes du peuple Marocain, Enfants de Palestine, Avec Naplouse, Nanterre Palestine, Comité Anti Impérialiste, Le Collectif BDS 57, Le comité BDS France 34, Les Amis d’Al-Rowwad, Comité Montreuil Palestine, Collectif Palestine Nord Essonne, Front Uni de l’Immigration et des Quartiers Populaires, La France insoumise, groupe de Douai 59, CLGIA (Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah), ISM-France (International Solidarity Movement France), Plateforme Charleroi-Palestine, Les Désobéissants, ATL Jénine, Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO), La Feuille de Chou (Strasbourg), Mgr Jacques Gaillot, Olivier Le Cour Grandmaison (Universitaire), Christine Delphy (Ecrivaine et militante), Odile Tobner (Ecrivaine et militante), Alain Brossat (Enseignant), Jacques-Marie Bourget (Journaliste), Paul Aries (Politologue), Sylvette Amestoy (Maire adjointe de Courdimanche -95), Gilles Monsillon (militant écologiste), Mohamed Ben Yakhlef (conseiller municipal de Villeneuve Saint Georges – Ensemble !), Gilles Lemaire (écologiste altermondialiste), Monique Beaumer (ACAT), Xavier Renou (Fondateur des Désobéissants), Alima Boumedine-Thiery (avocate), Cathy Billon (syndicaliste), Olia El Kabir (syndicaliste).

Lettre ouverte au CRIF et à ceux qui s’acharnent sur Léa Salamé

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Le 10 février dernier, Léa Salamé était face à Marine Le Pen dans l’Emission Politique. Elle a posé une question très pertinente sur la bi-nationalité franco-israélienne de certains juifs français mais dont la première formulation prêtait à confusion, formulation qu’elle a immédiatement corrigée en reposant la question :

« Est-ce que vous demandez aux Juifs français de renoncer à leur bi-nationalité israélienne ? »
« Donc vous demandez aux juifs français qui nous regardent de renoncer s’ils voulaient avoir la double nationalité israélienne ? »

La première formulation aurait été maladroite si elle n’avait pas été immédiatement reformulée mais elle l’a été donc il n’y a pas de sujet.

Dans la pratique, tous les juifs français et plus généralement tous les juifs du monde peuvent demander (et obtenir) la nationalité israélienne. Ça ne veut pas dire que tous les juifs français ont la bi-nationalité mais bien qu’ils peuvent l’avoir. La question de Léa Salamé n’est donc absolument pas critiquable.

J’ajoute que je remercie Léa Salamé de l’avoir posée à Marine Le Pen. Elle a permis d’ouvrir les yeux à certains juifs – de plus en plus complaisant avec le Front National – en leur faisant comprendre qu’ils ne seraient pas épargnés par le repli sur soi de ce parti si MLP se retrouvait au pouvoir.

Mais certains, au lieu de s’intéresser à la réponse de Marine Le Pen ont jugé utile de polémiquer sur du vent et de s’acharner sur Léa Salamé voire de la traiter d’antisémite. Le CRIF, dans une publication Facebook déclare : « Les citoyens français juifs sont profondément choqués par cette affirmation qui rappelle les vieilles rengaines antisémites de double allégeance. ».

Le CRIF devrait passer un peu plus de temps, pour se détendre, à lire la presse people. Ils apprendraient que Léa Salamé partage sa vie avec Raphaël Glucksmann (qui est juif, je précise just in case) et qu’elle est enceinte de lui.

Le CRIF devrait aussi se remettre un peu en question. Ils dénoncent l’organisation juive qui a rencontré des cadres du FN parlant d’un « cordon sanitaire autour du FN » qui serait un « impératif républicain » pour les juifs mais concrètement ils n’endiguent en rien, avec de vrais arguments à l’appuie, le nombre croissant de juifs qui se font berner par le FN.

Léa Salamé a donc réussi en moins d’une minute à faire ce que le CRIF n’a pas su faire ces dernières années avec les juifs français qu’il prétend représenter.

Bravo Léa