La défaite des juifs de France

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Je reviens de la manifestation qui a eu lieu devant l’ambassade d’Israël (pourquoi devant l’ambassade d’ailleurs ?). Cette manifestation avait pour objectif d’affirmer avec force le désaccord de la communauté juive de France concernant la conférence – organisée ce jour à l’initiative de François Hollande – visant à trouver une issue au conflit israélo-palestinien sans la présence d’Israël et de l’Autorité Palestinienne.

Cette conférence n’a aucun intérêt et aucune chance d’aboutir à quoi que ce soit de concret. Après la résolution honteuse votée notamment par la France de François Hollande qui fait du mur de Jerusalem une « colonie » israélienne – et qui en dit long sur le parti pris du gouvernement – comment penser un seul instant qu’Ayrault et son équipe de bras cassés arriveront à résoudre le conflit israélo-palestinien sans israélien et sans palestinien ?! C’est un peu comme si une conférence était organisée pour que les français fassent la paix avec les Daeshois après le vote d’une résolution qui déclare que la Tour Eiffel est une terre d’Islam.

Mais le sujet n’est pas là. Le sujet est d’analyser comment notre communauté s’organise pour garder sa place dans la société française : une place menacée de plus en plus par l’antisionisme – qui n’est autre que de l’antisémitisme autorisé par la loi – d’abord toléré, puis utilisé par nos politiques, surtout de gauche, pour gagner le vote musulman. Comment la communauté juive fait face à ce problème majeur qu’elle semble être seule (hormis quelques amis) à réaliser ?

La communauté juive n’est pas qu’une seule voix. Comme le dit le dicton : 2 juifs, 3 avis.

Il y a ceux qui partent
La majorité d’entre eux sont attachés à la France mais ils ont baissé les bras. Ils n’y croient plus et ils ne se sentent plus chez eux en France. Beaucoup sont partis en Israël. Ils ne sont pas partis par lâcheté. Bien souvent leur niveau de vie baisse drastiquement là bas. Ils sont partis parce que pour eux : il n’y a plus d’espoir pour les juifs de France et ils ne veulent pas que leurs enfants grandissent dans ce climat de haine. Ils ne se sentent plus en sécurité en France malgré l’armée et la police devant leurs synagogues et leurs lieux culturels.

Il y a ceux qui rejoignent des associations/organisations
Ceux là sont volontaires et combatifs mais de moins en moins nombreux et éparpillés dans une multitudes d’organisations qui font toutes la même chose et tiennent peu ou prou le même discours. Bien souvent les membres sont là parce qu’ils ressentent le besoin de faire quelque chose mais ils se lassent vite face à l’inefficacité des actions et la perte de temps que cela représente au détriment de leur famille et de leurs amis. Incapables de s’organiser, plus préoccupées par des luttes de petits chefs et la concurrence entre elles, ces associations rassemblent au maximum quelques centaines de personnes – âgées de 50/60 ans majoritairement – dans les manifestations.

Le cas du CRIF
Le CRIF est censé représenter les organisations juives de France mais en réalité ne représente pas grand chose d’autre que lui même. Ce qui n’est pas toujours un mal ! Elle est la seule organisation juive capable de déplacer des personnalités politiques de premier plan à ses événements et de mener des actions d’envergure. Son discours lissé, lissé et re-lissé pour qu’il passe partout détourne beaucoup de juifs qui ne se sentent plus représentés par cette organisation.

D’une manière générale, le combat communautaire a peu de chance d’aboutir à quoi que ce soit : les juifs représentent moins d’1% de la population française.

Il y a ceux qui ne veulent pas voir
La majorité des juifs de France sont dans ce cas. C’est probablement le plus simple : ne pas voir ou voir le moins possible. C’est moins anxiogène. Malheureusement la réalité les rattrape souvent. Jusqu’à quand pourront-ils regarder ailleurs ?

Il y a ceux qui s’auto-flagellent / les juifs honteux
Ont-ils besoin d’une description ? La détestation de soi relève de la psychiatrie.

Quel constat pour la communauté juive de France ?

– Elle n’a pas su empêcher le BDS et assimilés de faire leur place et de décomplexer l’antisionisme et donc l’antisémitisme
– Elle n’est plus mobilisée et peu organisée. Lorsqu’elle manifeste pour se faire entendre, elle ne rassemble que quelques centaines de personnes et très peu de jeunes.
– Lorsqu’il y a des manifestations pro-Gaza, elle rase les murs (et on comprend pourquoi !)
– Elle ne croit plus que les choses peuvent changer.

Les juifs perdent petit à petit leur place dans la communauté nationale.

La communauté juive de France a perdu.

Yom Ha Shoah : le souvenir doit avoir un sens

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Je voudrais vous parler aujourd’hui de mes arrières grand-parents. Ils s’appelaient Mercado et Sultana Cohen. Ils habitaient à deux pas de chez moi, Boulevard de Courcelles dans le 17e arrondissement de Paris.

Je n’ai jamais eu la chance de les rencontrer mais mon grand cousin Marcel habitait dans le même immeuble qu’eux avec ses parents et sa petite soeur.

Grâce à Marcel, je sais que mes arrières grand-parents avaient 4 fils : David (mon grand-père), Joseph, Jacques et Roger.

Marcel raconte que mon arrière grand-père avait engagé une bonne à tout faire au début des années 30 qui avait du arrêter l’école pour travailler. « Mercado fut indigné qu’on ait pu retirer une enfant de l’école à 14 ans pour en faire une bonne à tout faire chez lui. […] Mercado la fit immédiatement réinscrire à l’école. Sans doute, Annette fut la seule bonne à être logée, nourrie, et payée pour être absente la majeure partie du jour. ».

Malgré une situation de plus en plus angoissante pour les français juifs, mon arrière grand-père ne voulait pas quitter son appartement ou se cacher. Il disait « Seuls les voleurs et les assassins songent à se cacher ». Un samedi, le 14 aout 1943, alors que Marcel était en balade au parc Monceau avec Annette, la police française arrêta Mercado ainsi que toute sa famille : Sultana, Jacques et Marie (les parents de Marcel), Monique (sa petite soeur de 3 mois), et Joseph.

Voici un extrait du témoignage de Marcel dans son livre « Sur la scène intérieure : Faits » :

Le 14 aout 1943, lorsque la police avait fait irruption dans l’appartement, nous nous trouvions au parc Monceau, Annette et moi. La concierge nous avait vu sortir et elle avait vu entrer la police. Nous ne tarderions pas à revenir du parc : la concierge se planta devant l’entrée de l’immeuble pour nous en interdir l’accès. Elle ne voulait pas non plus que nous restions aux abords immédiats. C’est donc depuis le trottoir d’en face que nous avons vu la famille monter dans un camion. Nous avons très bien compris le petit geste de Marie qui, dans le dos des policiers, et comme la concierge nous enjoignait de nous éloigner.

Mercado Cohen, Sultana Cohen, Jacques Cohen, Joseph Cohen sont morts en déportation (Convoi n°59 du 2 septembre 1943).
Marie Cohen et Monique Cohen sont mortes en déportation (Convoi n°63 du 17 décembre 1943).

Aujourd’hui, c’est le jour de Yom Ha Shoah, le jour du souvenir. Je pense aux 6 millions de juifs qui, comme cette partie de ma famille ont vécu cette tragédie.

Les mots de mon arrière grand-père qui montrent qu’il n’avait pas conscience de la gravité de la situation en refusant de se cacher ont une raisonnance particulière aujourd’hui.

Comme Marcel, qui avait 4 ans à l’époque, mon fils Noah – qui a le même âge aujourd’hui – va aussi regarder les canards du petit lac du parc Monceau avec sa mère. Il n’est pas question que qui que ce soit menace la tranquillité de ces moments.

Alors que d’une part l’antisémitisme ne cesse de monter au sein d’une certaine catégorie de français et que d’autre part la France a récemment voté à l’UNESCO une résolution qui vise à effacer l’histoire juive de Jerusalem, notre mobilisation doit être sans équivoque. Le souvenir doit avoir un sens, celui de faire en sorte que d’une manière ou d’une autre, l’histoire ne se répète pas.

Ces dangereux illusionnistes qui se prétendent de l’Islam moderne

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Tarik Ramadan et Wiam Berhouma ont plusieurs points communs.
Il n’a pas de barbe de salafiste, elle n’a pas de voile. Ils s’expriment tous les deux parfaitement. Ils sont intelligents et malins. Ils sont beaux. Mais ils sont tout sauf ces musulmans tolérants et modernes qu’ils prétendent être. Ils sont malheureusement loin d’être des cas isolés.

1- Ils ont la haine de la France et du monde occidental
Lui n’est « ni Charlie, ni Paris mais perquisitionnable ». Pour lui les victimes sont donc les musulmans qui ont été perquisitionnés dans le cadre des enquêtes sur le terrorisme et de l’Etat d’Urgence. Ceux qui ont été abattus chez Charlie Hebdo, devant des cafés ou au Bataclan ne méritent pas sa solidarité…

Elle, elle défile avec le Parti des Indigènes de la République (PIR) qui se déclare « anti-raciste et anti-sioniste » mais qui est en réalité une organisation dont l’objectif principal est de faire croire que le monde occidental persécute les musulmans sans oublier de vomir sa haine antisioniste antisémite. Pas un post sur leur page Facebook par exemple sur le professeur juif agressé il y a quelques jours à la machette.

2- Ils retournent la situation en faisant passer les défenseurs de l’égalité hommes/femmes et des valeurs républicaines pour des racistes islamophobes.

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3- Ils utilisent leurs théories complotistes pour isoler le monde musulman du monde occidental et créer la confrontation

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4- Ils utilisent la cause palestinienne pour exprimer leur antisémitisme et le propager
Leurs ennemis : les intellectuels juifs comme BHL, Finkielkraut, Zemmour, etc. Ils en sont obsessionnels. (Il suffit d’aller faire un tour sur leurs sites communautaristes pour s’en convaincre).

Wiam Berhouma, membre du collectif MAFED défilait deux semaines avant les attentats de novembres à l’occasion de la « marche de la dignité », appelant à l’intifada et au boycott illégal d’Israël dans les rues de Paris.

5- Ils discréditent les musulmans modérés ou athées en les faisant passer pour des imposteurs
L’imam modéré chaghoumi, l’écrivain palestinien Waleed Al-Husseini, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le philosophe Abdenour Bidar.

Allez faire un tour sur YouTube sur Chalghoumi, vous verrez : https://www.youtube.com/results?search_query=chalghoumi

6- Ils sont cul et chemise avec les organisations islamistes et sont les héros de tous les sites communautaristes musulmans comme Oumma.com
http://oumma.com/222404/une-professeure-de-confession-musulmane-ridiculise-fi

7- Ils sont soutenus par une partie de la gauche et l’extrême gauche
Alors que leur seul but est de créer une fracture en France et de monter les gens les uns contre les autres, nombreux sont ceux qui n’y voient que du feu, surtout à gauche et à l’extrême gauche, comme en témoigne cet article ou plutôt cette lettre d’amour sur Tarik Ramadan paru dans Libé :
http://www.liberation.fr/france/2016/01/03/tariq-ramadan-versant-inoffensif_1424067
Soumission de Michel Houellebecq devient réalité…

Qu’on ne se trompe pas, les musulmans modernes, les reformateurs de l’Islam existent. Malheureusement, la grande majorité de leur communauté ne veut pas d’eux pour les représenter. On ne les voit dans aucun salon, dans aucune table ronde communautaire, à l’honneur sur aucun site musulman, etc. Nous avons le devoir de les soutenir.

Cher Ilan…

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Cher Ilan,

Aujourd’hui je pense à tout ce que j’ai fait ces 10 dernières années. J’ai rencontré ma femme, je suis tombé amoureux, on s’est marié. On a eu un petit garçon. Il a maintenant 4 ans. Il est formidable. On attend une petite fille. Tu ne peux pas savoir, c’est un tel bonheur, tellement d’amour, tout paraît si insignifiant à côté…

Non, tu ne peux pas savoir. Tu ne sauras jamais…

On a le même âge. On est juifs tous les deux, parisiens tous les deux. Ton destin aurait pu être le mien et le mien aurait pu être le tien. A chaque fois que je pense à toi, je réalise avec tant d’intensité ce que l’on t’a volé. Quelle tristesse.

J’aimerais pouvoir te dire que tu n’es pas mort pour rien. Mais je suis désolé Ilan, je ne peux pas. Il y a eu d’autres morts. Beaucoup d’autres. Même des enfants.

Ta mort, comme celle de Sebastien Sellam, étaient pourtant les premiers signes de ce qui nous attendait. Les premiers signes de ce que l’on ne voulait pas voir. Aujourd’hui cette haine qui t’a fait endurer ces 3 semaines de calvaire et qui a fini par éteindre ta vie s’est répandue. Elle est sournoise et hypocrite avant de passer à l’acte. Elle considère qu’elle est une opinion, qu’elle est là pour une cause. Et ça va te faire mal de l’apprendre mais elle prolifère dans une indifférence quasi-générale.

Nous étions très peu nombreux – et quasiment que des juifs – à manifester quelques jours après ta mort. Nous étions les mêmes (environ 10 000) après que des enfants juifs ont été exécutés 6 ans après ta mort dans une école de Toulouse. Là encore, quasiment que des juifs. Même si la classe politique est à chaque fois unanime pour condamner les crimes antisémites, il a fallu attendre que tous les français soient visés pour que nous soyons 4 millions dans la rue.

Tu vas être déçu mais le fait que nous soyons tous des cibles de cette idéologie mortifère n’a rien changé. La haine antisémite est toujours omniprésente et très décomplexée. Elle est dans les commentaires de chaque article qui parle de toi ou de n’importe quoi en rapport avec le judaïsme ou Israël. Elle est dans les commentaires aussi de tous ces mêmes articles sur Facebook. Et là encore ceux qui réagissent pour s’en indigner sont dans la très large majorité des cas… des juifs.

Il y a moins d’un an la plaque qui a été posée à Bagneux pour te rendre hommage a été vandalisée. Heureusement tes parents ont eu la bonne idée de t’enterrer en Israël, loin de tout ça. Au moins maintenant tu y reposes en paix.

 

Deux mois pour vous oublier

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Deux mois. Il a fallu deux mois pour vous oublier.

Vous êtes 130 à avoir été lâchement assassinés et nous ne pourrons malheureusement jamais vous faire revenir. Le 13 novembre, après le choc, l’horreur et l’effroi, il y avait cependant un espoir. Celui que vous ne soyez pas morts pour rien. Que la tragédie de votre mort puisse permettre une prise de conscience. Il n’en est rien.

Après les attentats de Merah et à nouveau après les attentats de janvier 2015, nous avions manqué cette prise de conscience.

Un mois avant le 13 novembre, Place de la République, à l’endroit où nous avions été plusieurs millions le 11 janvier à manifester pour rejeter de toutes nos forces le terrorisme islamiste, des organisations pro-palestiniennnes ont appelé au Djihad et on les a laissé faire ! En septembre, quelques semaines après l’attentat déjoué du Thalys, un salon islamiste était organisé en toute légalité à Pontoise. Frédéric, Franck, Cabu, Elsa, Charb, Honoré, Bernard, Ahmed, Mustapha, Michel, Tignous, Wolinski, Clarissa, Philippe, Yohan, Yoav et François-Michel ont été tués par l’intégrisme islamiste et notre gouvernement, paralysé par les bien-pensants, n’a rien fait pour le combattre.

Il a fallu attendre que 130 personnes de plus meurent des mains du même bourreau pour que le gouvernement se décide enfin à prendre les mesures exceptionnelles qui s’imposaient en instaurant notamment l’état d’urgence. A la suite de cela, il y a eu 2500 perquisitions administratives, et 398 armes ont été saisies dont des lances-roquettes ! Combien d’attentats ont été évités ? Combien de vies ont été sauvées ?

Malgré cela, nos collabos des temps modernes, trouvent des raisons de s’élever contre l’état d’urgence, contre la déchéance de nationalité des terroristes, contre toutes les mesures qui permettent de combattre ou de stigmatiser le terrorisme. Parce que, vous comprenez, lutter contre le terrorisme fait de la France un état policier fasciste et lutter contre l’islamisme fait de nous des islamophobes. Voilà comment avec ces arguments qui coupent tout débat – comme le soulignait Elisabeth Badinter faisant réagir la bien-pensance de nombreux auditeurs de France Inter – ces champions de l’indignation vous enterrent un peu plus.

Sans cette pression de la bien-pensance, Stéphane, Pierre, Lola, Halima et tous les autres seraient peut-être encore là aujourd’hui.

La leçon n’a pas été retenue :

Hier, on a laissé le terrorisme être honoré sur la Place de l’Opéra avec l’autorisation de la Préfecture.
Libération, le garde fou de la bien-pensance, a publié un portrait dithyrambique de l’islamiste Tariq Ramadan.
On a à faire à la même complaisance, au même aveuglement.

On peut le dire, vous avez été oubliés.

Si vous nous voyez de là où vous êtes, ne désesperez pas, vous aurez surement une plaque comémorative le 13 novembre 2016.

 

 

La solidarité sélective

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Hadar Buchris, 21 ans, assassinée par un terroriste le 22 novembre 2015 en Israël

Depuis les attentats du 13 novembre, tout le monde a réalisé que « nous étions tous visés ». Comme dirait Marty McFly : « mieux vaut tard que jamais » !

Depuis, lorsque le terrorisme islamiste frappe un peu partout dans le monde : au Mali, au Nigéria, en Tunisie, ou même lorsqu’il y a des risques en Belgique, tout le monde est solidaire. Tant mieux ! (et je dis tant mieux, parce qu’il y a encore quelques mois, comme je l’écrivais ici après l’attentat dans une université au Kenya, ça n’était pas le cas).

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Hommages de la mairie de Paris suite aux attentats de Tunis (à gauche) et minute de silence à l’Assemblée Nationale suite aux attentats au Mali (à droite)

Pour une raison obscure, lorsque ce même terrorisme frappe à l’aveugle sur des victimes non moins innocentes que les autres mais que ça se passe en Israël, c’est l’indifférence générale. Pas de « Je suis Israël » ou de témoignage de solidarité, pas d’articles en Une, pas d’hommages. Pourquoi ?

Est-ce qu’exprimer sa solidarité envers les israéliens est quelque chose d’honteux, de tabou ou de difficile à assumer publiquement ?

Est-ce que la désinformation acharnée depuis des années a fini par insérer dans tous les esprits qu’Israël – dont la création a été approuvée par l’ONU – n’est pas un pays légitime et donc par conséquent que ceux qui y vivent « méritent » de mourir ?

Depuis 3 mois, il y a eu 23 tués en Israël et 200 blessés. Poignardées dans le coeur, poignardées dans la tête, percutées par des voitures bélier, abattues, ces victimes étaient toutes innocentes, elles ont toutes été visées aveuglément comme à Paris.

Je ressens la même injustice et la même tristesse quand je lis l’histoire de la jeune et jolie Hadar, 21 ans, qui est morte le 22 novembre, poignardée par un terroriste dans la tête, alors qu’elle parlait à une copine sur WhatsApp en attendant le bus que quand je lis l’histoire de la jeune et jolie Lola, 17 ans, assassinée le 13 novembre par un terroriste au Bataclan pendant un concert.

Le terrorisme islamiste nous vise tous aveuglément. Que le groupe terroriste s’appelle Etat Islamique / Daech, Fatah, Hamas, Hezbollah, Boko Haram, Al-Qaïda, Jihad Islamique ou Al-Nosra, l’idéologie est la même : l’islamisme radical. Les 70 vierges, les martyrs, les cris « Allah ou akbar », c’est la même histoire, la même logique.
Nous devons faire bloc et cesser de trouver des justifications à l’injustifiable.

Tu es juif ou tu es français ?

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Tu es d’abord français ou d’abord juif ? Pourquoi es-tu si passionné lorsque l’on parle d’Israël ? Juif, ça n’est pas une nationalité, non ?

Toutes ces questions, je les ai entendues dans tous les sens. Je peux concevoir qu’il n’est pas évident parfois, pour mes compatriotes non juifs, de faire la part des choses.

La réponse commence par une réponse simple : un français juif est d’abord français. Même s’il vous soutient parfois le contraire, il se trompe. Où qu’il aille dans le monde ailleurs qu’en France, il ne se sentira pas chez lui et il ne sera d’ailleurs pas considéré autrement que français. Sa judéité sera au maximum un détail. Sa culture, son humour, sa manière de vivre, sont français. Même en Israël, il sera toujours « le français ».

Evidemment l’identité d’un individu ne s’arrête pas à sa nationalité. Sa région, sa ville, ses passions, ses origines, etc. composent son identité de la même manière que sa religion.

Mais toi, tu n’es pas religieux, pourquoi tu nous bassines toute la journée avec les juifs ?

Parce qu’on ne me laisse pas le choix.
Parce que quand Merah tue des enfants juifs, il n’y a que 10 000 personnes (et quasiment que des juifs) qui manifestent dans les rues de Paris contre 4 millions pour les attentats de Charlie.
Parce qu’il y a un an dans les rues de ma ville, on criait « mort aux juifs » sans que personne (à part les juifs et quelques politiques jewish-friendly) ne réagisse.
Parce que les salopards comme DIeudonné ou son pote Soral remplissent les salles et ont des centaines de milliers d’adeptes. Parce que le BDS, qui appelle au boycott des produits israéliens en soi-disant solidarité avec les palestiniens, révèle quotidiennement sa haine du juif en généralisant leurs appels au boycott aux artistes juifs (comme le chanteur juif américain Matisyahu) ou aux produits cachers. Ce sont eux qui plantent les graines de l’antisémitisme des quartiers. Ce sont eux qui donnent des idées aux plus fous.

Mais aussi parce qu’encore aujourd’hui toutes les synagogues et tous les lieux qui ont un lien avec le judaïsme ont besoin d’avoir une voiture de police en permanence et parce que des soldats armés jusqu’au dents doivent rester devant nos écoles jours et nuits pour que l’on puisse simplement vivre sans se faire canarder par un terroriste islamiste. Je refuse que ce quotidien finisse par devenir normal.

Parce qu’il ne peut pas y avoir un seul post sur Internet où l’on parle d’un artiste juif, d’une personnalité juive ou de n’importe quoi en rapport avec Israël ou les juifs sans qu’il y ait un déferlement de commentaires antisémites. Je vous mets au défi de trouver UN SEUL post d’un journal (Huff Post, Libé, le Figaro, BFM, etc.) qui me donne tort. 

En écrivant tout ça, j’espère faire réagir non pas seulement les juifs acquis à ma « cause » mais mes compatriotes non-juifs : musulmans, catholiques, protestants, orthodoxes, boudhistes, athées, etc. On a besoin de vous. On a besoin que vous rejetiez en bloc tout cela avec autant de fermeté que celle dont on a fait preuve lorsque l’on défendait notre liberté d’expression.

Pourquoi cet attachement si passionné à Israël, ça n’est pas ton pays ?

D’abord parce qu’Israël est la terre de mes ancêtres, la terre du peuple juif depuis le début, la terre où lorsque tu creuses n’importe où tu trouves des vestiges de plusieurs milliers d’années qui racontent notre histoire.

Aussi pour ce que ce pays représente. Tous ces juifs persécutés, comme l’ont été mes grands-parents et arrières grands-parents, depuis des siècles en Europe ou dans les pays du Golfe, qui se sont réfugiés sur la terre de leurs ancêtres pour fonder cet Etat où ils sont enfin à nouveau chez eux (la définition du sionisme) est quelque chose de bouleversant. Tout le chemin parcouru depuis. Tout ce que ce pays a pu accomplir en si peu de temps.

Egoïstement aussi je dois l’avouer, même si je suis français avant tout, je ne suis pas tranquille et je ne suis pas tranquille pour ma famille. Israël c’est aussi notre plan B. Le plan B de tous les juifs d’Europe et du reste du monde.

En attendant, je vais continuer à me battre pour que l’on reste sur le plan A… J’en profite pour demander à Madame Hidalgo de corriger les agendas distribués par la mairie de Paris aux élèves du CM2 où Israël à été rayé de la carte, remplacé par la Palestine (il n’existe pas encore d’Etat Palestinien, mais une Autorité Palestinienne, par contre, jusqu’à preuve du contraire Israël existe).