Pourquoi je vais voter pour Emmanuel Macron

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Il y a 2 semaines, j’écrivais : « Pourquoi Macron peut devenir Président en mai si Valls est éliminé dimanche ». L’affaire Penelope Fillon n’avait pas encore eu lieu. À présent, alors que l’électorat de droite a des incertitudes sur son candidat, c’est le bon moment pour partager mes réflexions sur le sujet.

La gauche : c’était mieux avant

J’ai toujours voté à gauche jusqu’en 2007, jusqu’à ce que la gauche – ou du moins la majorité de la gauche – oublie certaines de ses valeurs fondamentales. Pour moi les gens de gauche étaient plus smart, pensaient aux autres, luttaient pour des causes justes. Mais un jour, la gauche s’est mise à prendre des postures, des caricatures de la gauche, peu importe que le combat soit juste ou non, si cette posture donne l’impression que l’on est humaniste, alors il faut la prendre. C’est une nouvelle gauche : la gauche du genre.

Cette gauche qui « n’aime pas les riches », mais qui se moque des plus démunis en les appelant des « sans-dents ». Cette gauche qui se dit proche du peuple mais dont la Ministre Delphine Batho occupait un HLM au détriment d’une famille réellement dans le besoin. Cette gauche dont le Ministre censé lutter contre la fraude fiscale possède lui-même un compte en Suisse. Cette gauche qui stigmatise les entrepreneurs en les diabolisant sans réaliser le mal qu’elle fait aux salariés qu’elle est censée défendre.

Cette gauche du genre – parfaitement incarnée aujourd’hui par Benoit Hamon – pactise en plus avec le diable quitte à oublier ses valeurs, notamment de laïcité, pour gagner des voix. C’est rédhibitoire. C’est cette gauche, même si je me reconnais dans certains de ses combats comme le mariage pour tous ou l’écologie, qui n’aura plus jamais mon vote.

La droite : c’est comme avant

Depuis c’est donc le plat de droite que je mange mais je dois avouer que je ne le digère pas toujours tout très bien. Même si, aussi absurde que cela puisse paraitre, on ne peut que constater aujourd’hui que la droite catho conservatrice défend mieux la laïcité que la gauche, mais il faut avaler avec les Morano, les Boutin et la manif pour tous, blurp.

Pour remplacer Sarkozy – qui était bien plus moderne malgré toute la détestation qu’il a suscité – cette droite là a choisi Fillon comme candidat. Retour donc vers une vieille droite conservatrice à l’ancienne. Et je ne parle même pas de l’affaire Penelope Fillon. Pour moi, c’est non.

Avec Macron, balle au centre ? Non, pas du tout.

Avec Macron, nous ne sommes pas au centre. Nous sommes là où le bon sens doit être. Economiquement libéral, moderne et pleinement capable de comprendre les enjeux du monde d’aujourd’hui, en rupture sur l’approche de la politique et responsable sur les questions de société. Je prends le pari que Macron connait le prix du ticket de métro, du pain au chocolat et qu’il connait Blablacar et Le Bon Coin.

Je cherche ce que je pourrais reprocher à Macron. Sincèrement à part ses cris en meeting et sa tirade sur Trump « l’américain » qui étaient un peu gênants, je suis en phase avec tout ce qu’il dit.

Voilà en vrac, quelques idées fortes de Macron qui me donnent envie de voter pour lui :
Sa position sur la laïcité
– Sa manière totalement en rupture de permettre à tout ceux qui le souhaitent de s’investir en politique dans son mouvement et de le représenter aux législatives
– Son souhait d’une totale parité pour les candidats qui représenteront En Marche ! C’est un vrai féministe dans le sens noble du terme.
– La suppression du RSI et l’allègement des charges patronales
– L’accès à la culture pour les jeunes
– Sa position ferme contre le boycott d’Israël (exprimée à nouveau au Liban il y a quelques jours)
– Le fait qu’il ait salué le courage de Simone Veil, ce qui tranche avec les propos de Fillon qui disait « qu’à titre personnel » il était contre l’avortement (même s’il ne remettrait jamais en cause le droit à celui ci).

Il dévoile petit à petit l’ensemble de son programme. Les premières idées sont convaincantes et le bon état d’esprit et les bonnes valeurs sont là. Macron incarne non seulement ce que la gauche moderne aurait du être mais il va plus loin, il incarne une vraie rupture politique. Personnellement, je marche.

 

Plus d’informations sur ce qu’Emmanuel Macron a dit à Lyon hier : http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/02/04/35003-20170204LIVWWW00092-en-direct-meeting-macron-a-lyon-discours-et-analyses.php

Ce terrorisme « peer to peer » que l’on laisse proliférer

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« Maman, je t’aime. » « Il arrive. Je vais mourrir ». Ce sont les derniers mots d’Eddie à sa mère. Comme 48 autres personnes, Eddie est mort dans la nuit de samedi à dimanche à Orlando parce qu’il était homosexuel.

Penser qu’Eddie est uniquement une victime de plus de l’islamisme est une erreur fondamentale de jugement. Eddie est mort parce qu’on a laissé la haine s’exprimer et proliférer. Le terroriste, Omar Seddique, est un produit de la propagande haineuse des islamistes que nos dirigeants (des pays occidentaux) n’ont pas le cran de faire taire. Cette propagande se transmet dans la rue, dans les mosquées, ou sur les réseaux sociaux. Plus besoin de partir en Syrie, ce terrorisme se télécharge. C’est du terrorisme peer-to-peer.

Il suffit de regarder sur YouTube où l’on peut trouver notamment des discours du « Docteur » Farrokh Sekaleshfar, prédicateur islamiste récemment invité dans une mosquée d’Orlando. On trouve notamment un discours qu’il a tenu à l’Université du Michigan datant d’avril 2013 où il appelle clairement au meurtre d’homosexuels. En 3 ans ce sont 21 891 personnes qui ont regardé ce discours d’1h 21 minutes. En 3 ans, ni YouTube ni le gouvernement américain de Barack Obama n’a jugé utile de faire taire Farrokh Sekaleshfar. Ils sont aussi responsables de tous ces morts.

Et ce ne sont pas les seuls :

On a laissé parler le BDS, il y a eu Merah et Coulibaly qui voulaient « venger les enfants palestiniens » en tuant des français juifs. Pourtant le BDS s’exprime encore sur la place publique, tous les jours.

On a laissé parler les tarés comme Ramadan, Dieudonné, ou encore les prédicateurs cinglés que l’on retrouve à l’UOIF, il y a eu Charlie Hebdo et le 13 novembre. Pourtant ces tarés peuvent encore s’exprimer ou organiser leurs rassemblements en toute liberté (ou presque…).

Il n’y a ni tolérance à avoir ni « liberté d’expression » à considérer face à ces discours de haine.

Il semblerait que les politiques, de droite, de gauche ou du centre de la majorité des pays occidentaux aient du mal à prendre les décisions qui s’imposent et a réagir – pour de vrai, pas juste dans les discours ! – avec la plus grande fermeté.

Que leur faut-il de plus pour qu’ils changent d’attitude ? Que faut-il faire pour qu’ils agissent sans appréhension électorale mais d’abord dans l’interêt collectif ? Allons nous vraiment devoir être gouvernés par des vrais fachos pour que cela change ?

Nightclub Shooting Florida

Mina Justice shows a text message she received from her son Eddie Justice at Pulse nightclub during a fatal shooting in Orlando, Fla., Sunday, June 12, 2016. Justice hasn’t heard from her son since the messages. (Courtesy of Mina Justice via AP)

Vous vouliez un dirigeant, un vrai ? Vous en avez un : Manuel Valls

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Réformer la France, ces dernières années, tout le monde s’y est cassé les dents. Je me souviens encore fin 1994, le renoncement de Jacques Delors, alors donné en tête dans tous les sondages, à être candidat pour la présidentielle de 1995. Il estimait alors qu’il ne disposerait pas de la majorité nécessaire, au Parlement, pour mener sa politique de reformes.

Alors que de nombreux pays occidentaux sortent peu à peu de la crise, nous en sommes encore loin. Sans de nombreuses réformes, la France ne peut pas s’en sortir. Après chaque élection présidentielle, les français sont déçus. Ils reprochent systématiquement au gouvernement de ne pas avoir fait ce qu’il fallait.

Les français ont élu François Hollande à la Présidence de la République en 2012 après avoir été déçus par la politique de Nicolas Sarkozy. Manuel Valls a été nommé Premier Ministre il y a un peu moins d’un an suite à l’échec des gouvernements Ayrault. 5 mois après, il démissionne parce qu’il n’a pas le soutien des autres ministres (notamment Arnaud Montebourg et Benoit Hamon) pour mener sa politique économique. Il est reconduit par le Président de la République, il forme donc un nouveau gouvernement.

Il doit alors faire face, d’une part, à l’aile gauche de son parti qui, en réalité, n’a pas du tout la même vision politique et passe son temps à lui faire des coups bas, et d’autre part à l’opposition, qui dans son rôle d’opposition, profite de chaque occasion pour crier son indignation au regard de la politique menée.

Il a donc deux options. Soit il fait le moins de vagues à gauche pour avoir le soutien de l’ensemble de son parti, et se cantonne à des réformettes qui mettent tout le monde d’accord, soit il s’engage, dans l’intérêt des français, au risque d’entacher sa popularité à gauche, dans de vraies réformes, partagées d’ailleurs par l’ensemble de nos ministres et par le Président de la République élu par les français. Il a décidé de s’engager dans la deuxième option et de faire son job.

La loi Macron peut être critiquée mais si elle avait été présentée à l’Assemblée et rejetée, elle ne l’aurait pas été pour les bonnes raisons.

Elle l’aurait été d’ailleurs pour des raisons différentes à gauche et à droite. A gauche, ou plutôt à gauche de la gauche, parce qu’elle adopte une position bien trop libérale, ce qui est aux antipodes de la vision économique de gauche. A droite, elle aurait du plaire, mais dans un jeu totalement politicien, les politiques de droite préfèrent souligner et se moquer du manque de soutien de la gauche à notre Premier Ministre de gauche plutôt que de s’intéresser à la loi et par principe, nombreux d’entre eux auraient voté contre ou se seraient abstenus.

Cette situation est incroyable et n’a aucun sens. On ne peut pas être les premiers à être déçus si on ne laisse pas le gouvernement diriger quand il est au pouvoir. Ce qui est incroyable c’est que la gauche de la gauche ne le réalise pas. Enfin, non, ça n’est pas incroyable, c’est tout à fait dans la lignée de leurs reflexions, totalement à côté de la plaque.

Ce qui est malheureux, c’est de se dire qu’un gouvernement qui se bat pour une fois dans l’intérêt des français, sans calculs de réélection, est accablé de tous les côtés, par les français eux-même. Même les journalistes, réputés de gauche, enchainent les titres accablants pour le Premier Ministre :

« Loi Macron : Manuel Valls mauvais joueur » Libération
« Valls sacrifie sa majorité pour sauver son cap libéral » L’Humanité
« Loi Macron : les coulisses d’un « naufrage » » Le Parisien
« Loi Macron : l’utilisation du 49-3, un « aveu de faiblesse » » Le Monde

Le Royaume-Uni a eu Margaret Thatcher, l’Allemagne a Angela Merkel, est-ce que Valls sera l’homme providentiel qui arrivera à reformer la France en profondeur, à l’armer pour qu’elle s’en sorte ? Je le souhaite sincèrement.

En utilisant le 49-3, Valls ne montre non seulement pas un aveu de faiblesse mais au contraire une détermination sans faille à réussir dans la mission qui lui a été confiée. Il se mouille, il prend des risques, finalement il se donne les chances d’avoir un bon bilan et donc de faire l’intérêt de la France. Il a un courage politique dont de nombreux de nos politiques de droite comme de gauche devraient s’inspirer.