Facile de déclarer que l’on est contre l’antisémitisme

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La question de l’antisémitisme est un sujet qui me tient forcément à coeur. Quand on s’appelle Cohen, c’est un peu comme si on portait en permanence l’étoile jaune. Pourtant, je ne suis pas allé à ce rassemblement contre l’antisémitisme hier soir. La raison est simple : l’antisémitisme qui tue aujourd’hui en France porte un nom : l’antisionisme. Sans action concrète qui vise à lutter contre ce fléau, tout cela est une mascarade qui ne sert qu’à se donner bonne conscience ou à faire de la communication politique.

Depuis des années, je dénonce l’antisionisme. Sur mon blog, j’ai probablement expliqué de toutes les manières possibles pourquoi il s’agissait d’une nouvelle forme d’antisémitisme, pourquoi le mot « sioniste » n’est qu’une acrobatie sémantique pour se donner le droit d’exprimer et de propager légalement sa haine du juif. Rien n’a changé. Nous en sommes exactement au même point. Et on entend toujours cet argument vaseux décrivant l’antisionisme comme la critique de la politique d’Israël. C’est faux ! Être antisioniste aujourd’hui n’a aucun sens.

Le sionisme est une idéologie qui prône le retour des juifs sur leur terre ancestrale et la création d’une nation – Israël – qui les représente. Depuis 1948, le sionisme est une réalité et Israël existe. C’est un pays reconnu par l’ONU et par la large majorité des pays développés.
Par opposition l’antisionisme est une idéologie qui était contre la création de l’état d’Israël et le retour des juifs de la diaspora sur leur terre ancestrale. Mais quel est le sens de l’antisionisme en 2019 maintenant qu’Israël et son peuple existent ? Ça n’est certainement pas la critique de Netanyahu. Quand on critique un homme politique ou un gouvernement, on est simplement un opposant. L’antisionisme veut dire autre chose. Cela veut dire que l’on nie à Israël et à son peuple le droit d’exister, que l’on est donc pour la destruction de ce pays et le déplacement voire l’extermination de son peuple. Ça n’est pas tout à fait la même chose que de critiquer le nouveau Président du Brésil ou le gouvernement chinois ! Sans aucune ambiguïté l’antisionisme est aujourd’hui tout simplement l’expression violente d’une haine raciale dirigée contre le peuple juif. C’est bien ce que l’on appelle de l’antisémitisme.

L’histoire m’a tristement donné raison. C’est bien cette idéologie qui a tué Sebastien Selam, Ilan Halimi, Myriam Monsonego, Gabriel, Arieh et Jonathan Sandler, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada, Sarah Halimi et Mireille Knoll. Les assassins ont systématiquement le même profil : musulmans radicalisés et donc antisionistes (ça fait partie du package). D’ailleurs Merah quand il a tué à bout portant des enfants français juifs, avait déclaré qu’il voulait « venger les enfants palestiniens ». Coulibaly avait tenu le même genre de propos pendant l’attentat de l’Hypercacher. Que faut-il de plus ?

Les actes antisémites augmentent en correlation avec la propagation et la banalisation de ce discours antisioniste. On le voit depuis des années pour qui veut bien regarder sur les pages communautaristes musulmanes, sur les pages antisionistes, qui rassemblent parfois plus d’un million de personnes. L’antisionisme est une véritable obsession sur ces pages qui suintent la haine du Juif. Que faut-il de plus ?

Aujourd’hui, les articles produits par l’AFP et certains médias de gauche reprennent le vocabulaire antisioniste qui se retrouve ainsi banalisé, généralisé, accepté. La conséquence est sans appel. Cette haine devient massive. Elle est partout. Omniprésente. Dans tous les commentaires sur les réseaux sociaux sous des articles qui parlent des juifs ou d’Israel. Les graffitis se multiplient, les profanations de cimetières aussi. Les enfants juifs ne peuvent plus être scolarisés en banlieue de l’aveu même du Ministre de l’Education Nationale. La Shoah ne peut plus être enseignée depuis des années dans de nombreuses écoles. QUE FAUT-IL DE PLUS ???

La réponse est-elle sérieusement de marcher place de la République avec une pancarte #ÇaSuffit en étant fier d’avoir exclu Marine Le Pen (qui est par ailleurs la seule à avoir su placer les bons mots, c’est à vomir) ?

Quelque part, je regrette de ne pas avoir été là avec tout ceux qui ne sont pas juifs et qui étaient présents hier. J’ai vu sur Twitter des gens du Refuge, d’autres victimes de la haine, ça m’a fait chaud au coeur. Mais il faut comprendre que pour réellement lutter contre l’antisémitisme il va falloir faire un peu plus que marcher place de la République. Il va falloir faire l’effort de comprendre ce qui se passe, de pointer du doigt ce qui est la cause de tout cela. Réaliser que l’antisionisme est le seul et unique lien direct avec ces violences. Ça n’est pas simple, il y aura des oppositions, surtout à gauche, mais si vous voulez vraiment lutter contre l’antisémitisme et pas simplement déclarer être contre, ça sera l’effort nécessaire. En êtes-vous réellement prêts ?

Ça n’a rien à voir avec l’Islam, c’est bien plus grave

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J’avoue m’être énervé plus d’une fois en entendant le systématique « ça n’a rien à voir avec l’Islam ». Innocents tués, cris de « Allah ouakbar », coupables « islamistes radicalisés » et fichés S, c’est toujours la même rengaine. Le rapport avec l’Islam parait évident, et pourtant, ça n’est pas la cause principale. C’est bien plus grave que cela.

Je ne vais pas entrer dans le détail du débat religieux parce qu’il n’y a pas grand intérêt à le faire. Est-ce qu’il y a des passages du Coran qui sont violents ? Oui. Est-ce qu’il y a des passages dans l’Ancien Testament qui le sont ? Oui également. Par exemple, lorsque Dieu décime les premiers nés égyptiens pour libérer les hébreux, on ne peut pas dire qu’il y va dans la dentelle. Ou encore, lorsque Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils Isaac pour vérifier si sa foi est plus forte que l’amour qu’il a pour son fils, c’est plutôt cruel… Le Nouveau Testament présente en revanche un Dieu bien plus compréhensif et clément. Est-ce que cela a empêché pour autant l’Inquisition ? Non. Tout cela n’a pas d’importance parce que la violence de ces terroristes ne vient pas de là.

Depuis plusieurs années maintenant, je suis régulièrement différents types de médias sur les réseaux sociaux. Parmi ceux que je suis avec beaucoup d’attention, il y a les médias communautaires musulmans. Je ne parle pas de médias islamistes ou extrémistes mais de médias « mainstream » qui rassemblent parfois des centaines de milliers de personnes comme Oumma.com (plus de 700 000 fans sur Facebook), Islam&Info (plus de 400 000 fans) ou encore les pages d’influenceurs comme celle de Tariq Ramadan (plus de 2M de fans !). Mon constat est effrayant. La haine est croissante et palpable à présent dans quasiment chacun des posts – parfois subtiles – et dans des milliers de commentaires.

Les sujets traités en récurrence par ces médias ou influenceurs sont toujours les mêmes :
– L’obsession de la cause palestinienne et des juifs
– La victimisation permanente : les français ne respectent pas l’Islam et les musulmans, ils sont islamophobes, la laïcité est une arme contre les musulmans, l’islamophobie est omniprésente et passée sous silence par les médias nationaux, etc.

Ces sujets rabâchés sans cesse dans la communauté musulmane ont une conséquence très clair :
– La détestation des juifs exprimée de manière décomplexée par la détestation des sionistes (ce mot passe-partout pour qualifier les juifs).
– La détestation des français non musulmans exprimée par la « lutte » contre l’homme blanc de plus de 50 ans qui défend la laïcité et la liberté d’expression (Valls, Finkie, Bouvet, Bernard de la Villardière, etc.) responsable de tous les maux et humiliations des musulmans de France. Sans oublier la lutte contre les médias non communautaires qui mentent et qui salissent l’Islam (sous-entendant que l’Etat français, à la solde d’Israël et des juifs, est derrière tout ça).

Regardons maintenant les cibles des attentats de ces dernières années :
Cibles juives : école de Toulouse où des enfants « sionistes » de 4 à 8 ans se sont fait massacrer pour « venger les enfants palestiniens », Hypercasher, musée juif de Bruxelles, etc.
Cibles symbolisant la France et ses valeurs/libertés ou les chrétiens (Militaires, Charlie Hebdo, Bataclan, Nice, Policiers, Père Hamel, etc.)

Il est là le rapport.

La violence de ces terroristes vient de cette haine inculquée dans leur communauté depuis des années. L’islamisme est la dernière étape avant leur passage à l’acte. C’est une manière de donner un sens à l’expression la plus extrême de leur violence et de leur haine. Le vrai coupable est cette haine communautaire, l’islamisme n’en est que le complice.

Tant qu’on voudra ne pointer du doigt que l’Islam ou même l’islamisme, on fera fausse route. Ce qu’il faut empêcher ou à minima ne pas encourager ce sont ces idées rabâchées en permanence et qui n’ont pour conséquence que de faire grandir la fracture entre la communauté musulmane et le reste de la communauté nationale. Ces idées, on les retrouve relayées bien au delà des leaders communautaires. On les retrouve dans l’entrisme de l’Islam politique dans le débat publique ou dans nos tribunaux. On les retrouve aussi chez les « people », par exemple chez Menel ou Mehdi Meklat (qui expriment leur haine des juifs… pardon, des sionistes) sur Twitter et beaucoup d’autres petits leaders d’opinions moins célèbres. On les retrouve même chez le comique Yassine Belattar qui passe son temps à crier à l’islamophobie sur son compte Twitter. Je suis pourtant persuadé au regard de ses autres tweets qu’il n’a pas de mauvaises intentions. Il ne réalise peut-être pas la mal que cela produit. Il ne réalise pas qu’en faisant cela, en pensant dénoncer une haine (et le racisme anti-musulman existe bien), il donne du grain à moudre à cette haine communautaire et en devient malgré lui le porte parole. C’est bien là toute la complexité du problème.

Tant qu’on ne comprendra pas ce mécanisme rien ne changera. La lutte contre l’islamisme ne suffit pas. On ne soigne pas un cancer de la gorge avec des pastilles pour le mal de gorge. C’est à un changement profond des mentalités qu’il faut s’attaquer et cela commence par un rejet sans équivoque de ces sujets générateurs de haine et des personnes qui les portent. Cela doit aussi passer par une introspection dans la communauté musulmane qu’on ne favorisera pas en se dérobant derrière la seule dénonciation de l’islamisme, certes bien plus confortable.

Au lendemain de l’attentat de Trèbes, après l’acte héroïque du Colonel Arnaud Beltrame qui lui a couté la vie, peut-on espérer que les choses changent ? Lors de l’hommage national, allons-nous entendre qu’Arnaud Beltrame est une victime du terrorisme islamiste ou qu’il est une victime de cette haine communautaire ?

Ce terrorisme « peer to peer » que l’on laisse proliférer

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« Maman, je t’aime. » « Il arrive. Je vais mourrir ». Ce sont les derniers mots d’Eddie à sa mère. Comme 48 autres personnes, Eddie est mort dans la nuit de samedi à dimanche à Orlando parce qu’il était homosexuel.

Penser qu’Eddie est uniquement une victime de plus de l’islamisme est une erreur fondamentale de jugement. Eddie est mort parce qu’on a laissé la haine s’exprimer et proliférer. Le terroriste, Omar Seddique, est un produit de la propagande haineuse des islamistes que nos dirigeants (des pays occidentaux) n’ont pas le cran de faire taire. Cette propagande se transmet dans la rue, dans les mosquées, ou sur les réseaux sociaux. Plus besoin de partir en Syrie, ce terrorisme se télécharge. C’est du terrorisme peer-to-peer.

Il suffit de regarder sur YouTube où l’on peut trouver notamment des discours du « Docteur » Farrokh Sekaleshfar, prédicateur islamiste récemment invité dans une mosquée d’Orlando. On trouve notamment un discours qu’il a tenu à l’Université du Michigan datant d’avril 2013 où il appelle clairement au meurtre d’homosexuels. En 3 ans ce sont 21 891 personnes qui ont regardé ce discours d’1h 21 minutes. En 3 ans, ni YouTube ni le gouvernement américain de Barack Obama n’a jugé utile de faire taire Farrokh Sekaleshfar. Ils sont aussi responsables de tous ces morts.

Et ce ne sont pas les seuls :

On a laissé parler le BDS, il y a eu Merah et Coulibaly qui voulaient « venger les enfants palestiniens » en tuant des français juifs. Pourtant le BDS s’exprime encore sur la place publique, tous les jours.

On a laissé parler les tarés comme Ramadan, Dieudonné, ou encore les prédicateurs cinglés que l’on retrouve à l’UOIF, il y a eu Charlie Hebdo et le 13 novembre. Pourtant ces tarés peuvent encore s’exprimer ou organiser leurs rassemblements en toute liberté (ou presque…).

Il n’y a ni tolérance à avoir ni « liberté d’expression » à considérer face à ces discours de haine.

Il semblerait que les politiques, de droite, de gauche ou du centre de la majorité des pays occidentaux aient du mal à prendre les décisions qui s’imposent et a réagir – pour de vrai, pas juste dans les discours ! – avec la plus grande fermeté.

Que leur faut-il de plus pour qu’ils changent d’attitude ? Que faut-il faire pour qu’ils agissent sans appréhension électorale mais d’abord dans l’interêt collectif ? Allons nous vraiment devoir être gouvernés par des vrais fachos pour que cela change ?

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Mina Justice shows a text message she received from her son Eddie Justice at Pulse nightclub during a fatal shooting in Orlando, Fla., Sunday, June 12, 2016. Justice hasn’t heard from her son since the messages. (Courtesy of Mina Justice via AP)

Ces dangereux illusionnistes qui se prétendent de l’Islam moderne

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Tarik Ramadan et Wiam Berhouma ont plusieurs points communs.
Il n’a pas de barbe de salafiste, elle n’a pas de voile. Ils s’expriment tous les deux parfaitement. Ils sont intelligents et malins. Ils sont beaux. Mais ils sont tout sauf ces musulmans tolérants et modernes qu’ils prétendent être. Ils sont malheureusement loin d’être des cas isolés.

1- Ils ont la haine de la France et du monde occidental
Lui n’est « ni Charlie, ni Paris mais perquisitionnable ». Pour lui les victimes sont donc les musulmans qui ont été perquisitionnés dans le cadre des enquêtes sur le terrorisme et de l’Etat d’Urgence. Ceux qui ont été abattus chez Charlie Hebdo, devant des cafés ou au Bataclan ne méritent pas sa solidarité…

Elle, elle défile avec le Parti des Indigènes de la République (PIR) qui se déclare « anti-raciste et anti-sioniste » mais qui est en réalité une organisation dont l’objectif principal est de faire croire que le monde occidental persécute les musulmans sans oublier de vomir sa haine antisioniste antisémite. Pas un post sur leur page Facebook par exemple sur le professeur juif agressé il y a quelques jours à la machette.

2- Ils retournent la situation en faisant passer les défenseurs de l’égalité hommes/femmes et des valeurs républicaines pour des racistes islamophobes.

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3- Ils utilisent leurs théories complotistes pour isoler le monde musulman du monde occidental et créer la confrontation

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4- Ils utilisent la cause palestinienne pour exprimer leur antisémitisme et le propager
Leurs ennemis : les intellectuels juifs comme BHL, Finkielkraut, Zemmour, etc. Ils en sont obsessionnels. (Il suffit d’aller faire un tour sur leurs sites communautaristes pour s’en convaincre).

Wiam Berhouma, membre du collectif MAFED défilait deux semaines avant les attentats de novembres à l’occasion de la « marche de la dignité », appelant à l’intifada et au boycott illégal d’Israël dans les rues de Paris.

5- Ils discréditent les musulmans modérés ou athées en les faisant passer pour des imposteurs
L’imam modéré chaghoumi, l’écrivain palestinien Waleed Al-Husseini, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le philosophe Abdenour Bidar.

Allez faire un tour sur YouTube sur Chalghoumi, vous verrez : https://www.youtube.com/results?search_query=chalghoumi

6- Ils sont cul et chemise avec les organisations islamistes et sont les héros de tous les sites communautaristes musulmans comme Oumma.com
http://oumma.com/222404/une-professeure-de-confession-musulmane-ridiculise-fi

7- Ils sont soutenus par une partie de la gauche et l’extrême gauche
Alors que leur seul but est de créer une fracture en France et de monter les gens les uns contre les autres, nombreux sont ceux qui n’y voient que du feu, surtout à gauche et à l’extrême gauche, comme en témoigne cet article ou plutôt cette lettre d’amour sur Tarik Ramadan paru dans Libé :
http://www.liberation.fr/france/2016/01/03/tariq-ramadan-versant-inoffensif_1424067
Soumission de Michel Houellebecq devient réalité…

Qu’on ne se trompe pas, les musulmans modernes, les reformateurs de l’Islam existent. Malheureusement, la grande majorité de leur communauté ne veut pas d’eux pour les représenter. On ne les voit dans aucun salon, dans aucune table ronde communautaire, à l’honneur sur aucun site musulman, etc. Nous avons le devoir de les soutenir.

Deux mois pour vous oublier

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Deux mois. Il a fallu deux mois pour vous oublier.

Vous êtes 130 à avoir été lâchement assassinés et nous ne pourrons malheureusement jamais vous faire revenir. Le 13 novembre, après le choc, l’horreur et l’effroi, il y avait cependant un espoir. Celui que vous ne soyez pas morts pour rien. Que la tragédie de votre mort puisse permettre une prise de conscience. Il n’en est rien.

Après les attentats de Merah et à nouveau après les attentats de janvier 2015, nous avions manqué cette prise de conscience.

Un mois avant le 13 novembre, Place de la République, à l’endroit où nous avions été plusieurs millions le 11 janvier à manifester pour rejeter de toutes nos forces le terrorisme islamiste, des organisations pro-palestiniennnes ont appelé au Djihad et on les a laissé faire ! En septembre, quelques semaines après l’attentat déjoué du Thalys, un salon islamiste était organisé en toute légalité à Pontoise. Frédéric, Franck, Cabu, Elsa, Charb, Honoré, Bernard, Ahmed, Mustapha, Michel, Tignous, Wolinski, Clarissa, Philippe, Yohan, Yoav et François-Michel ont été tués par l’intégrisme islamiste et notre gouvernement, paralysé par les bien-pensants, n’a rien fait pour le combattre.

Il a fallu attendre que 130 personnes de plus meurent des mains du même bourreau pour que le gouvernement se décide enfin à prendre les mesures exceptionnelles qui s’imposaient en instaurant notamment l’état d’urgence. A la suite de cela, il y a eu 2500 perquisitions administratives, et 398 armes ont été saisies dont des lances-roquettes ! Combien d’attentats ont été évités ? Combien de vies ont été sauvées ?

Malgré cela, nos collabos des temps modernes, trouvent des raisons de s’élever contre l’état d’urgence, contre la déchéance de nationalité des terroristes, contre toutes les mesures qui permettent de combattre ou de stigmatiser le terrorisme. Parce que, vous comprenez, lutter contre le terrorisme fait de la France un état policier fasciste et lutter contre l’islamisme fait de nous des islamophobes. Voilà comment avec ces arguments qui coupent tout débat – comme le soulignait Elisabeth Badinter faisant réagir la bien-pensance de nombreux auditeurs de France Inter – ces champions de l’indignation vous enterrent un peu plus.

Sans cette pression de la bien-pensance, Stéphane, Pierre, Lola, Halima et tous les autres seraient peut-être encore là aujourd’hui.

La leçon n’a pas été retenue :

Hier, on a laissé le terrorisme être honoré sur la Place de l’Opéra avec l’autorisation de la Préfecture.
Libération, le garde fou de la bien-pensance, a publié un portrait dithyrambique de l’islamiste Tariq Ramadan.
On a à faire à la même complaisance, au même aveuglement.

On peut le dire, vous avez été oubliés.

Si vous nous voyez de là où vous êtes, ne désesperez pas, vous aurez surement une plaque comémorative le 13 novembre 2016.

 

 

La solidarité sélective

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Hadar Buchris, 21 ans, assassinée par un terroriste le 22 novembre 2015 en Israël

Depuis les attentats du 13 novembre, tout le monde a réalisé que « nous étions tous visés ». Comme dirait Marty McFly : « mieux vaut tard que jamais » !

Depuis, lorsque le terrorisme islamiste frappe un peu partout dans le monde : au Mali, au Nigéria, en Tunisie, ou même lorsqu’il y a des risques en Belgique, tout le monde est solidaire. Tant mieux ! (et je dis tant mieux, parce qu’il y a encore quelques mois, comme je l’écrivais ici après l’attentat dans une université au Kenya, ça n’était pas le cas).

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Hommages de la mairie de Paris suite aux attentats de Tunis (à gauche) et minute de silence à l’Assemblée Nationale suite aux attentats au Mali (à droite)

Pour une raison obscure, lorsque ce même terrorisme frappe à l’aveugle sur des victimes non moins innocentes que les autres mais que ça se passe en Israël, c’est l’indifférence générale. Pas de « Je suis Israël » ou de témoignage de solidarité, pas d’articles en Une, pas d’hommages. Pourquoi ?

Est-ce qu’exprimer sa solidarité envers les israéliens est quelque chose d’honteux, de tabou ou de difficile à assumer publiquement ?

Est-ce que la désinformation acharnée depuis des années a fini par insérer dans tous les esprits qu’Israël – dont la création a été approuvée par l’ONU – n’est pas un pays légitime et donc par conséquent que ceux qui y vivent « méritent » de mourir ?

Depuis 3 mois, il y a eu 23 tués en Israël et 200 blessés. Poignardées dans le coeur, poignardées dans la tête, percutées par des voitures bélier, abattues, ces victimes étaient toutes innocentes, elles ont toutes été visées aveuglément comme à Paris.

Je ressens la même injustice et la même tristesse quand je lis l’histoire de la jeune et jolie Hadar, 21 ans, qui est morte le 22 novembre, poignardée par un terroriste dans la tête, alors qu’elle parlait à une copine sur WhatsApp en attendant le bus que quand je lis l’histoire de la jeune et jolie Lola, 17 ans, assassinée le 13 novembre par un terroriste au Bataclan pendant un concert.

Le terrorisme islamiste nous vise tous aveuglément. Que le groupe terroriste s’appelle Etat Islamique / Daech, Fatah, Hamas, Hezbollah, Boko Haram, Al-Qaïda, Jihad Islamique ou Al-Nosra, l’idéologie est la même : l’islamisme radical. Les 70 vierges, les martyrs, les cris « Allah ou akbar », c’est la même histoire, la même logique.
Nous devons faire bloc et cesser de trouver des justifications à l’injustifiable.

Français juifs : Faut-il partir ?

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© Joël Saget, AFP | Un militaire patrouille près d’une école juive à Paris, le 12 janvier 2015.

On commémorait hier les 70 ans de la libération d’Auschwitz. Ce jour aurait du être pour moi comme pour d’autres un jour de mémoire, un jour où je repense à mes arrières grands-parents morts en déportation, un jour où je repense à ma grande tante Alice, rescapée de ce camp de l’horreur qu’était Auschwitz, un jour où je repense aussi à mon grand cousin Marcel qui, lorsqu’il avait 4 ans, a vu ses parents se faire rafler par la Guestapo, à côté de chez moi, Boulevard de Courcelles, alors qu’il revenait d’une balade au Parc Monceau avec sa nourrice.

Hier, j’étais derrière mon ordinateur comme tous les jours, entre mes mails, mon boulot, mon Facebook, je voyais passer des articles sur la commémoration sur mon feed : sur le Huff Post, sur le Figaro, sur Libé, sur le Monde, etc. Et j’ai remarqué qu’ils avaient un point commun. Il ne s’agit malheureusement pas de témoignages de sympathie, mais des nombreux commentaires haineux et antisémites. Il n’y en a pas un qui est épargné, PAS UN…

Alors ce jour de commémorations, ça n’était pas un sentiment de recueillement qui prédominait mais un sentiment de colère et de désespoir. Que peut-on attendre des années à venir quand on est juif en France ?

« L’antisémitisme des quartiers » et l’indifférence de mes compatriotes non juifs.

Il y a plus de 400 000 personnes qui suivent le Huff, 2 millions qui suivent le Monde, 1,8 millions qui suivent le Figaro, et près de 400 000 qui suivent Libération. Systématiquement lorsque ça parle de juifs, Dieudonné, ou Israël, nous retrouvons des commentaires antisémites, massivement « likés », dont la grande majorité sont exprimés par des musulmans. Et pourtant ils sont loin, très loin d’être tous des fondamentalistes. Cet antisémitisme musulman que Manuel Valls a appelé « antisémitisme des quartiers » est loin d’être un épiphénomène qui concerne une minorité de radicaux.

Ceux qui s’indignent et répondent à ces commentaires sont malheureusement surtout des juifs comme les 10 000 personnes qui sont allés défiler dans les rues de Paris en 2012 en réaction à l’abomination des attentats de Merah… Où étaient les 3,7 millions de Charlies ? Comment se fait-il que je me sente révolté et meurtrie quand des journalistes de Charlie Hebdo et des policiers sont assassinés au point que je descende immédiatement battre le pavé alors que mes compatriotes non juifs ne se sentent pas concernés quand des enfants juifs sont tués parce qu’ils sont juifs ? Evidemment ils ne cautionnent pas. Ils trouvent ça horrible même, mais pas au point de descendre dans la rue et de le rejeter en bloc comme ce jour où nous étions tous Charlie. Est-ce qu’il en aurait été de même si Merah était allé dans une école pour tuer des enfants français parce que français ? Est-ce que la liberté d’expression a plus de valeur que la liberté d’être différent ?

Manuel Valls est l’un des seuls à avoir eu le courage de pointer du doigt cet « antisémitisme des quartiers ». Cet antisémitisme qui fait que dans les écoles on a refusé d’observer cette minute de silence en la mémoire des victimes. Cet antisémitisme qui fait que dans chaque article qui parle de la Shoah, on exprime sa haine en prétextant qu’elle s’explique par la situation actuelle des palestiniens. Cet antisémitisme qui fait que l’on dit que les blagues antisémites de Dieudonné relèvent de la liberté d’expression. Cet antisémitisme qui vise à faire l’apologie, à justifier ou à trouver des circonstances atténuantes au terrorisme rebaptisé « résistance » dès lors qu’il se passe en Israël ou qu’il vise des juifs. Cet antisémitisme qui fait que tous les juifs de France se sentent mal.

On dit que le devoir de mémoire est indispensable pour ne pas que l’Histoire se répète. Je ne sais pas si l’Histoire va se répéter mais ce qui est sur c’est que l’indifférence face à l’antisémitisme est toujours là.

Il y a eu deux fois plus d’actes antisémites et deux fois plus de français juifs qui sont partis définitivement en Israël en 2014. Peut-on raisonnablement penser que les choses vont s’arranger ?

La réponse est simple et ne nécessite même pas d’argumentation : non. Cet antisémitisme est bien ancré. Il y en aura d’autres des Fofana, Merah, Nemmouche, Kouachi ou Coulibaly, c’est une certitude.

La solution passe par l’éducation, mais ça va être long, très long, et ça ne fonctionnera que si des leaders d’opinions musulmans s’impliquent corps et âme pour, même si on leur dit – à juste titre – qu’ils n’ont pas à se justifier des actes terroristes de leur coreligionnaires. Ca ne fonctionnera aussi que si mes compatriotes non juifs s’indignent avec force, comme ils l’ont fait le 11 janvier, chaque fois qu’un juif sera attaqué parce qu’il est juif.

Est-ce que le 11 janvier montre un changement ? Il y a peut-être un espoir. Mais à considérer que les choses changent pour les prochaines générations qui seront éduquées, qu’en est-il pour celles en cours qui évoluent dans ce climat de haine et qui sont prêtes à nouveau à commettre le pire ? Qu’en est-il des 1000 à 3000 djihadistes revenus sur notre sol ?

Faut-il partir en Israël ou ailleurs ?

C’est un vrai dilemme mais je pense que c’est un dilemme idéologique et non pas un dilemme lié à sa sécurité.

La sécurité menacée pour les juifs, en particulier, ceux qui pratiquent ou ceux qui portent un nom à consonance israélite.

Il est indiscutable que chaque juif qui pratique est aujourd’hui menacé : Menacé en allant acheter sa nourriture dans un supermarché casher, menacé en allant à la synagogue, menacé en mettant ses enfants dans une école juive. Celui qui a un nom à consonance israélite est également menacé. Si l’armée est aujourd’hui chargée de protéger les écoles juives, rien n’empêche un terroriste d’aller demain dans une école laïc et de s’attaquer aux enfants qui portent des noms juifs ou de s’en prendre à des juifs en regardant leur nom sur la boite aux lettres comme les nazis l’ont fait pendant la guerre.
En d’autres termes, il est plus prudent que son judaïsme ne se voit pas. (Quand je pense que je viens de récupérer mon nom d’origine : Cohen, c’est l’ironie du sort!). Vivons heureux, vivons cachés. Le problème est le même dans tous les pays d’Europe. Est-ce que nous serions plus en sécurité en Israël ? La sécurité en Israël est certes omniprésente. L’armée est partout mais la menace aussi. Le risque n’est probablement pas moindre en Israël même si les israéliens savent mieux faire face à la menace terroriste. Il y a d’autres pays comme les Etats-Unis, la Chine ou le Japon où il est probablement moins dangereux d’être juif mais où il est si difficile d’émigrer…

Est-ce que je peux vivre et me sentir appartenir à un pays quand l’assassinat de mes coreligionnaires suscite de l’indifférence à mes compatriotes ?

Le voilà le dilemme !

On commémore Auschwitz pour ne pas que l’Histoire se répète mais on sait très bien que si tout cela a été possible c’est parce que tout le monde a laissé faire. Et aujourd’hui, rien n’a changé. Tout le monde laisse faire. (Je ne parle pas du Président et du Premier Ministre qui ont eu un comportement exemplaire).

C’est difficile d’envisager de partir quand on est français avant tout. Je me sens profondément français et parisien. Je connais ma ville par coeur. J’ai des souvenirs un peu partout. Je rigole devant des comédies françaises. Pour l’israélien, je suis un français. Il ne comprend pas mes répliques des bronzés font du ski ou que je ne puisse plus supporter la vue du houmous ou des schnitzels après 2 semaines en Israël. Mais d’un autre côté, est-ce que je peux vivre ici tout en connaissant la montée de cette antisémitisme musulman dans l’indifférence générale de mes compatriotes non juifs ? ou ce ras le bol parfois exprimé quand encore une fois des juifs sont attaqués et que nous nous plaignons de l’antisémitisme ? Est-ce que je peux laisser mon fils grandir ici et supporter qu’il soit confronté à cette haine un jour ?

Si vivre en Israël n’est pas une solution sur le plan de la sécurité, cela donne un sens à la notion de patrie qui nous fait cruellement défaut dans notre pays. Et ça ne changera pas, nous le savons tous, même si l’on se sent français avant tout.

Tout cela étant dit, je suis encore là et je n’ai pas envie de partir. Je suis un peu comme le mec qui reste en couple après des années par amour et nostalgie. Il espère des jours meilleurs et ne se voit pas avec une autre mais il sait très bien que ça ne pourra jamais vraiment marcher. Je revois ma grand-mère se targuer d’avoir eu le courage de partir, ce qui les avait sauvé, alors que mon grand-père voulait rester. Peut-être faudra-t-il finir par l’avoir ce courage…