Ça n’a rien à voir avec l’Islam, c’est bien plus grave

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J’avoue m’être énervé plus d’une fois en entendant le systématique « ça n’a rien à voir avec l’Islam ». Innocents tués, cris de « Allah ouakbar », coupables « islamistes radicalisés » et fichés S, c’est toujours la même rengaine. Le rapport avec l’Islam parait évident, et pourtant, ça n’est pas la cause principale. C’est bien plus grave que cela.

Je ne vais pas entrer dans le détail du débat religieux parce qu’il n’y a pas grand intérêt à le faire. Est-ce qu’il y a des passages du Coran qui sont violents ? Oui. Est-ce qu’il y a des passages dans l’Ancien Testament qui le sont ? Oui également. Par exemple, lorsque Dieu décime les premiers nés égyptiens pour libérer les hébreux, on ne peut pas dire qu’il y va dans la dentelle. Ou encore, lorsque Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils Isaac pour vérifier si sa foi est plus forte que l’amour qu’il a pour son fils, c’est plutôt cruel… Le Nouveau Testament présente en revanche un Dieu bien plus compréhensif et clément. Est-ce que cela a empêché pour autant l’Inquisition ? Non. Tout cela n’a pas d’importance parce que la violence de ces terroristes ne vient pas de là.

Depuis plusieurs années maintenant, je suis régulièrement différents types de médias sur les réseaux sociaux. Parmi ceux que je suis avec beaucoup d’attention, il y a les médias communautaires musulmans. Je ne parle pas de médias islamistes ou extrémistes mais de médias « mainstream » qui rassemblent parfois des centaines de milliers de personnes comme Oumma.com (plus de 700 000 fans sur Facebook), Islam&Info (plus de 400 000 fans) ou encore les pages d’influenceurs comme celle de Tariq Ramadan (plus de 2M de fans !). Mon constat est effrayant. La haine est croissante et palpable à présent dans quasiment chacun des posts – parfois subtiles – et dans des milliers de commentaires.

Les sujets traités en récurrence par ces médias ou influenceurs sont toujours les mêmes :
– L’obsession de la cause palestinienne et des juifs
– La victimisation permanente : les français ne respectent pas l’Islam et les musulmans, ils sont islamophobes, la laïcité est une arme contre les musulmans, l’islamophobie est omniprésente et passée sous silence par les médias nationaux, etc.

Ces sujets rabâchés sans cesse dans la communauté musulmane ont une conséquence très clair :
– La détestation des juifs exprimée de manière décomplexée par la détestation des sionistes (ce mot passe-partout pour qualifier les juifs).
– La détestation des français non musulmans exprimée par la « lutte » contre l’homme blanc de plus de 50 ans qui défend la laïcité et la liberté d’expression (Valls, Finkie, Bouvet, Bernard de la Villardière, etc.) responsable de tous les maux et humiliations des musulmans de France. Sans oublier la lutte contre les médias non communautaires qui mentent et qui salissent l’Islam (sous-entendant que l’Etat français, à la solde d’Israël et des juifs, est derrière tout ça).

Regardons maintenant les cibles des attentats de ces dernières années :
Cibles juives : école de Toulouse où des enfants « sionistes » de 4 à 8 ans se sont fait massacrer pour « venger les enfants palestiniens », Hypercasher, musée juif de Bruxelles, etc.
Cibles symbolisant la France et ses valeurs/libertés ou les chrétiens (Militaires, Charlie Hebdo, Bataclan, Nice, Policiers, Père Hamel, etc.)

Il est là le rapport.

La violence de ces terroristes vient de cette haine inculquée dans leur communauté depuis des années. L’islamisme est la dernière étape avant leur passage à l’acte. C’est une manière de donner un sens à l’expression la plus extrême de leur violence et de leur haine. Le vrai coupable est cette haine communautaire, l’islamisme n’en est que le complice.

Tant qu’on voudra ne pointer du doigt que l’Islam ou même l’islamisme, on fera fausse route. Ce qu’il faut empêcher ou à minima ne pas encourager ce sont ces idées rabâchées en permanence et qui n’ont pour conséquence que de faire grandir la fracture entre la communauté musulmane et le reste de la communauté nationale. Ces idées, on les retrouve relayées bien au delà des leaders communautaires. On les retrouve dans l’entrisme de l’Islam politique dans le débat publique ou dans nos tribunaux. On les retrouve aussi chez les « people », par exemple chez Menel ou Mehdi Meklat (qui expriment leur haine des juifs… pardon, des sionistes) sur Twitter et beaucoup d’autres petits leaders d’opinions moins célèbres. On les retrouve même chez le comique Yassine Belattar qui passe son temps à crier à l’islamophobie sur son compte Twitter. Je suis pourtant persuadé au regard de ses autres tweets qu’il n’a pas de mauvaises intentions. Il ne réalise peut-être pas la mal que cela produit. Il ne réalise pas qu’en faisant cela, en pensant dénoncer une haine (et le racisme anti-musulman existe bien), il donne du grain à moudre à cette haine communautaire et en devient malgré lui le porte parole. C’est bien là toute la complexité du problème.

Tant qu’on ne comprendra pas ce mécanisme rien ne changera. La lutte contre l’islamisme ne suffit pas. On ne soigne pas un cancer de la gorge avec des pastilles pour le mal de gorge. C’est à un changement profond des mentalités qu’il faut s’attaquer et cela commence par un rejet sans équivoque de ces sujets générateurs de haine et des personnes qui les portent. Cela doit aussi passer par une introspection dans la communauté musulmane qu’on ne favorisera pas en se dérobant derrière la seule dénonciation de l’islamisme, certes bien plus confortable.

Au lendemain de l’attentat de Trèbes, après l’acte héroïque du Colonel Arnaud Beltrame qui lui a couté la vie, peut-on espérer que les choses changent ? Lors de l’hommage national, allons-nous entendre qu’Arnaud Beltrame est une victime du terrorisme islamiste ou qu’il est une victime de cette haine communautaire ?

Deux mois pour vous oublier

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Deux mois. Il a fallu deux mois pour vous oublier.

Vous êtes 130 à avoir été lâchement assassinés et nous ne pourrons malheureusement jamais vous faire revenir. Le 13 novembre, après le choc, l’horreur et l’effroi, il y avait cependant un espoir. Celui que vous ne soyez pas morts pour rien. Que la tragédie de votre mort puisse permettre une prise de conscience. Il n’en est rien.

Après les attentats de Merah et à nouveau après les attentats de janvier 2015, nous avions manqué cette prise de conscience.

Un mois avant le 13 novembre, Place de la République, à l’endroit où nous avions été plusieurs millions le 11 janvier à manifester pour rejeter de toutes nos forces le terrorisme islamiste, des organisations pro-palestiniennnes ont appelé au Djihad et on les a laissé faire ! En septembre, quelques semaines après l’attentat déjoué du Thalys, un salon islamiste était organisé en toute légalité à Pontoise. Frédéric, Franck, Cabu, Elsa, Charb, Honoré, Bernard, Ahmed, Mustapha, Michel, Tignous, Wolinski, Clarissa, Philippe, Yohan, Yoav et François-Michel ont été tués par l’intégrisme islamiste et notre gouvernement, paralysé par les bien-pensants, n’a rien fait pour le combattre.

Il a fallu attendre que 130 personnes de plus meurent des mains du même bourreau pour que le gouvernement se décide enfin à prendre les mesures exceptionnelles qui s’imposaient en instaurant notamment l’état d’urgence. A la suite de cela, il y a eu 2500 perquisitions administratives, et 398 armes ont été saisies dont des lances-roquettes ! Combien d’attentats ont été évités ? Combien de vies ont été sauvées ?

Malgré cela, nos collabos des temps modernes, trouvent des raisons de s’élever contre l’état d’urgence, contre la déchéance de nationalité des terroristes, contre toutes les mesures qui permettent de combattre ou de stigmatiser le terrorisme. Parce que, vous comprenez, lutter contre le terrorisme fait de la France un état policier fasciste et lutter contre l’islamisme fait de nous des islamophobes. Voilà comment avec ces arguments qui coupent tout débat – comme le soulignait Elisabeth Badinter faisant réagir la bien-pensance de nombreux auditeurs de France Inter – ces champions de l’indignation vous enterrent un peu plus.

Sans cette pression de la bien-pensance, Stéphane, Pierre, Lola, Halima et tous les autres seraient peut-être encore là aujourd’hui.

La leçon n’a pas été retenue :

Hier, on a laissé le terrorisme être honoré sur la Place de l’Opéra avec l’autorisation de la Préfecture.
Libération, le garde fou de la bien-pensance, a publié un portrait dithyrambique de l’islamiste Tariq Ramadan.
On a à faire à la même complaisance, au même aveuglement.

On peut le dire, vous avez été oubliés.

Si vous nous voyez de là où vous êtes, ne désesperez pas, vous aurez surement une plaque comémorative le 13 novembre 2016.