Facile de déclarer que l’on est contre l’antisémitisme

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La question de l’antisémitisme est un sujet qui me tient forcément à coeur. Quand on s’appelle Cohen, c’est un peu comme si on portait en permanence l’étoile jaune. Pourtant, je ne suis pas allé à ce rassemblement contre l’antisémitisme hier soir. La raison est simple : l’antisémitisme qui tue aujourd’hui en France porte un nom : l’antisionisme. Sans action concrète qui vise à lutter contre ce fléau, tout cela est une mascarade qui ne sert qu’à se donner bonne conscience ou à faire de la communication politique.

Depuis des années, je dénonce l’antisionisme. Sur mon blog, j’ai probablement expliqué de toutes les manières possibles pourquoi il s’agissait d’une nouvelle forme d’antisémitisme, pourquoi le mot « sioniste » n’est qu’une acrobatie sémantique pour se donner le droit d’exprimer et de propager légalement sa haine du juif. Rien n’a changé. Nous en sommes exactement au même point. Et on entend toujours cet argument vaseux décrivant l’antisionisme comme la critique de la politique d’Israël. C’est faux ! Être antisioniste aujourd’hui n’a aucun sens.

Le sionisme est une idéologie qui prône le retour des juifs sur leur terre ancestrale et la création d’une nation – Israël – qui les représente. Depuis 1948, le sionisme est une réalité et Israël existe. C’est un pays reconnu par l’ONU et par la large majorité des pays développés.
Par opposition l’antisionisme est une idéologie qui était contre la création de l’état d’Israël et le retour des juifs de la diaspora sur leur terre ancestrale. Mais quel est le sens de l’antisionisme en 2019 maintenant qu’Israël et son peuple existent ? Ça n’est certainement pas la critique de Netanyahu. Quand on critique un homme politique ou un gouvernement, on est simplement un opposant. L’antisionisme veut dire autre chose. Cela veut dire que l’on nie à Israël et à son peuple le droit d’exister, que l’on est donc pour la destruction de ce pays et le déplacement voire l’extermination de son peuple. Ça n’est pas tout à fait la même chose que de critiquer le nouveau Président du Brésil ou le gouvernement chinois ! Sans aucune ambiguïté l’antisionisme est aujourd’hui tout simplement l’expression violente d’une haine raciale dirigée contre le peuple juif. C’est bien ce que l’on appelle de l’antisémitisme.

L’histoire m’a tristement donné raison. C’est bien cette idéologie qui a tué Sebastien Selam, Ilan Halimi, Myriam Monsonego, Gabriel, Arieh et Jonathan Sandler, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada, Sarah Halimi et Mireille Knoll. Les assassins ont systématiquement le même profil : musulmans radicalisés et donc antisionistes (ça fait partie du package). D’ailleurs Merah quand il a tué à bout portant des enfants français juifs, avait déclaré qu’il voulait « venger les enfants palestiniens ». Coulibaly avait tenu le même genre de propos pendant l’attentat de l’Hypercacher. Que faut-il de plus ?

Les actes antisémites augmentent en correlation avec la propagation et la banalisation de ce discours antisioniste. On le voit depuis des années pour qui veut bien regarder sur les pages communautaristes musulmanes, sur les pages antisionistes, qui rassemblent parfois plus d’un million de personnes. L’antisionisme est une véritable obsession sur ces pages qui suintent la haine du Juif. Que faut-il de plus ?

Aujourd’hui, les articles produits par l’AFP et certains médias de gauche reprennent le vocabulaire antisioniste qui se retrouve ainsi banalisé, généralisé, accepté. La conséquence est sans appel. Cette haine devient massive. Elle est partout. Omniprésente. Dans tous les commentaires sur les réseaux sociaux sous des articles qui parlent des juifs ou d’Israel. Les graffitis se multiplient, les profanations de cimetières aussi. Les enfants juifs ne peuvent plus être scolarisés en banlieue de l’aveu même du Ministre de l’Education Nationale. La Shoah ne peut plus être enseignée depuis des années dans de nombreuses écoles. QUE FAUT-IL DE PLUS ???

La réponse est-elle sérieusement de marcher place de la République avec une pancarte #ÇaSuffit en étant fier d’avoir exclu Marine Le Pen (qui est par ailleurs la seule à avoir su placer les bons mots, c’est à vomir) ?

Quelque part, je regrette de ne pas avoir été là avec tout ceux qui ne sont pas juifs et qui étaient présents hier. J’ai vu sur Twitter des gens du Refuge, d’autres victimes de la haine, ça m’a fait chaud au coeur. Mais il faut comprendre que pour réellement lutter contre l’antisémitisme il va falloir faire un peu plus que marcher place de la République. Il va falloir faire l’effort de comprendre ce qui se passe, de pointer du doigt ce qui est la cause de tout cela. Réaliser que l’antisionisme est le seul et unique lien direct avec ces violences. Ça n’est pas simple, il y aura des oppositions, surtout à gauche, mais si vous voulez vraiment lutter contre l’antisémitisme et pas simplement déclarer être contre, ça sera l’effort nécessaire. En êtes-vous réellement prêts ?

Lettre ouverte au maire de Clichy Rémi Muzeau

Monsieur le Maire,

Je m’appelle Frank-David Cohen, je suis parisien depuis près de 40 ans. Avec ma femme et mes deux enfants, nous nous apprêtons à devenir clichois prochainement. Nous allons emménager rue Huntziger.

Par curiosité, je me suis demandé qui était ce Monsieur Huntziger à qui cette rue rendait hommage. C’est avec beaucoup d’étonnement et de dégout que j’ai découvert qu’il était membre du gouvernement de Vichy en 1940 et l’un des signataires de la loi portant sur le statut des juifs leur interdisant l’accès à un certain nombre de fonctions et notamment l’accès et l’exercice des fonctions publiques.

Arrière petit fils de déportés, ma famille paternelle, décimée par la guerre a changé de nom pour cacher sa judéité. Ça n’est qu’en 2014, après des années de procédures, que j’ai pu récupérer mon nom d’origine. Il me parait totalement inconcevable aujourd’hui de rendre hommage à un tel personnage à chaque fois que j’indiquerai mon adresse et que je devrai écrire son nom. Le nom de Charles Huntziger doit être oublié. Il fait honte à la France, peu importe ses succès en tant que chef de guerre français de la Première Guerre Mondiale.

Alors qu’aujourd’hui l’antisémitisme prolifère comme jamais depuis le guerre, il serait un symbole fort et courageux de remplacer le nom de Charles Huntziger par celui de Simone Veil, rescapée des camps de la mort et qui a tant apporté à la France.

Dans l’espoir que vous donniez une suite favorable à ma requête, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en l’expression de ma plus haute considération.

Frank-David Cohen

EDIT 30/10/2018 : Plusieurs commentaires d’internautes ont mis en lumière le fait que cette rue Huntziger ne rendrait pas hommage à Charles Huntziger mais au Clairon Huntziger qui a combattu en 1871 et faisait partie du 34e bataillon de Clichy. La rue porterait ce nom depuis 1882 (le Huntziger collabo étant lui né en 1880…). Afin d’éviter toute ambiguïté, étant donné malheureusement que Charles Huntziger est bien plus tristement célèbre que le valeureux clairon Huntziger, peut-être serait-il judicieux de préciser sur la plaque qu’il s’agit du clairon ?

Vous trouverez, attachés à cette lettre les documents suivants :
– L’étoile jaune que portait ma grand-mère comme cela était imposé à tous les français de confession juive.
– L’acte de décès de mon arrière grand père, arrêté par la police française le 14 aout 1943 avec toute sa famille dans son appartement 90 Boulevard de Courcelles (17e arrondissement de Paris) et exterminé à Auschwitz (Convoi numéro 59 du 2 sept 1943).
– Un courier du commissariat général aux questions juives qui demandait la saisie par l’Etat de la machine à écrire de mon grand-oncle arrêté le même jour au même endroit et déporté également à Auschwitz. Ce courrier administratif et si symbolique souligne l’importance de ne pas honorer le moindre membre du gouvernement de Vichy, partisan de cette collaboration si organisée.
– La loi portant sur le statut des juifs dont Charles Huntziger était signataire

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Ce documentaire sur l’antisémitisme censuré par Arte

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Cachez cet antisémitisme que je ne saurais voir. Après une grosse polémique en Allemagne et en France, Arte a finalement diffusé hier soir le documentaire : « Les nouveaux visages de l’antisémitisme » qui pointe du doigt clairement le nouvel antisémitisme qui fait des ravages : l’antisémitisme musulman.

La diffusion était à 23h, histoire de faire le moins d’audience possible. Il est néanmoins à présent disponible en replay à cette adresse : http://www.arte.tv/fr/videos/076792-001-A/reprise-du-programme-de-das-erste-autour-du-film-elus-et-exclus

Pourquoi cette censure ?

  1. Parce qu’il révèle, images à l’appui, toute la réalité de ce qui se passe pour les juifs d’Europe dans l’indifférence quasi-générale.
  2. Parce qu’il démontre incontestablement l’antisémitisme qui anime les obsessionnels de la cause palestinienne (BDS, etc.).
  3. Parce qu’il va jusqu’en Israël et dans les territoires palestiniens pour vérifier les arguments portés par ces obsessionnels pour justifier leur antisémitisme antisionisme, et qu’il démontre clairement :
    – que la bande de Gaza n’est pas une prison à ciel ouvert
    – que comparer la situation des palestiniens à celle des juifs pendant la Shoah et parler de génocide palestinien est grotesque et choquant
    – qu’il n’y a pas d’apartheid en Israël,
    – que le boycott des produits israéliens pénalise aussi les palestiniens,
    – que le Hamas est corrompu jusqu’à l’os et détourne les fonds des aides internationnales au détriment de la population palestinienne,
    – que l’ONU (notamment l’UNRWA) est une mascarade (les écoles de l’UNRWA servent de cache d’armes et de zone de lancement de roquettes par le Hamas et l’argent est totalement détourné).
  4. Parce qu’il met au pied du mur nos politiques qui laissent faire en faisant semblant de ne pas réaliser ce qui se passe (gavés de « Pas d’amalgame »).

Si vous avez envie de comprendre pourquoi il y a un exode massif de juifs européens vers Israel, si vous avez envie de comprendre pourquoi un français juif comme moi, français avant tout, se demande tous les jours non pas s’il va devoir quitter la France mais quand est-ce qu’il va falloir la quitter, regardez ce documentaire.

Seule une prise de conscience générale et un rejet massif de cet antisémitisme pourra faire changer les choses. Ça n’est pas un problème de « juifs et d’arabes ». C’est un problème national parce que cette situation ne permet plus aujourd’hui de vivre sereinement en France quand on est juif. Il ne s’agit pas de faire cela par sympathie particulière pour les juifs. Il s’agit de le faire pour préserver notre pays et nos valeurs de liberté.

Autrement un jour pas si lointain, il n’y aura plus de juif en France et en Europe. Et quand nous ne serons plus là, quand nous serons nombreux à faire des petits boulots en Israel, à avoir perdu notre confort et nos vies françaises par nécessité, à avoir accepté un déracinement si fort, nous réaliserons que nous avons au moins eu la chance d’avoir Israel pour nous accueillir et surtout nous penserons alors à vous, nos concitoyens français non juifs, nos proches, nos amis, qui n’avez pas cette chance…

Ce qui se passe aujourd’hui est très réel. La passivité est coupable.

 

*Le documentaire est disponible pour l’instant sur YouTube à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=oRVxLVUgxdA

 

La défaite des juifs de France

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Je reviens de la manifestation qui a eu lieu devant l’ambassade d’Israël (pourquoi devant l’ambassade d’ailleurs ?). Cette manifestation avait pour objectif d’affirmer avec force le désaccord de la communauté juive de France concernant la conférence – organisée ce jour à l’initiative de François Hollande – visant à trouver une issue au conflit israélo-palestinien sans la présence d’Israël et de l’Autorité Palestinienne.

Cette conférence n’a aucun intérêt et aucune chance d’aboutir à quoi que ce soit de concret. Après la résolution honteuse votée notamment par la France de François Hollande qui fait du mur de Jerusalem une « colonie » israélienne – et qui en dit long sur le parti pris du gouvernement – comment penser un seul instant qu’Ayrault et son équipe de bras cassés arriveront à résoudre le conflit israélo-palestinien sans israélien et sans palestinien ?! C’est un peu comme si une conférence était organisée pour que les français fassent la paix avec les Daeshois après le vote d’une résolution qui déclare que la Tour Eiffel est une terre d’Islam.

Mais le sujet n’est pas là. Le sujet est d’analyser comment notre communauté s’organise pour garder sa place dans la société française : une place menacée de plus en plus par l’antisionisme – qui n’est autre que de l’antisémitisme autorisé par la loi – d’abord toléré, puis utilisé par nos politiques, surtout de gauche, pour gagner le vote musulman. Comment la communauté juive fait face à ce problème majeur qu’elle semble être seule (hormis quelques amis) à réaliser ?

La communauté juive n’est pas qu’une seule voix. Comme le dit le dicton : 2 juifs, 3 avis.

Il y a ceux qui partent
La majorité d’entre eux sont attachés à la France mais ils ont baissé les bras. Ils n’y croient plus et ils ne se sentent plus chez eux en France. Beaucoup sont partis en Israël. Ils ne sont pas partis par lâcheté. Bien souvent leur niveau de vie baisse drastiquement là bas. Ils sont partis parce que pour eux : il n’y a plus d’espoir pour les juifs de France et ils ne veulent pas que leurs enfants grandissent dans ce climat de haine. Ils ne se sentent plus en sécurité en France malgré l’armée et la police devant leurs synagogues et leurs lieux culturels.

Il y a ceux qui rejoignent des associations/organisations
Ceux là sont volontaires et combatifs mais de moins en moins nombreux et éparpillés dans une multitudes d’organisations qui font toutes la même chose et tiennent peu ou prou le même discours. Bien souvent les membres sont là parce qu’ils ressentent le besoin de faire quelque chose mais ils se lassent vite face à l’inefficacité des actions et la perte de temps que cela représente au détriment de leur famille et de leurs amis. Incapables de s’organiser, plus préoccupées par des luttes de petits chefs et la concurrence entre elles, ces associations rassemblent au maximum quelques centaines de personnes – âgées de 50/60 ans majoritairement – dans les manifestations.

Le cas du CRIF
Le CRIF est censé représenter les organisations juives de France mais en réalité ne représente pas grand chose d’autre que lui même. Ce qui n’est pas toujours un mal ! Elle est la seule organisation juive capable de déplacer des personnalités politiques de premier plan à ses événements et de mener des actions d’envergure. Son discours lissé, lissé et re-lissé pour qu’il passe partout détourne beaucoup de juifs qui ne se sentent plus représentés par cette organisation.

D’une manière générale, le combat communautaire a peu de chance d’aboutir à quoi que ce soit : les juifs représentent moins d’1% de la population française.

Il y a ceux qui ne veulent pas voir
La majorité des juifs de France sont dans ce cas. C’est probablement le plus simple : ne pas voir ou voir le moins possible. C’est moins anxiogène. Malheureusement la réalité les rattrape souvent. Jusqu’à quand pourront-ils regarder ailleurs ?

Il y a ceux qui s’auto-flagellent / les juifs honteux
Ont-ils besoin d’une description ? La détestation de soi relève de la psychiatrie.

Quel constat pour la communauté juive de France ?

– Elle n’a pas su empêcher le BDS et assimilés de faire leur place et de décomplexer l’antisionisme et donc l’antisémitisme
– Elle n’est plus mobilisée et peu organisée. Lorsqu’elle manifeste pour se faire entendre, elle ne rassemble que quelques centaines de personnes et très peu de jeunes.
– Lorsqu’il y a des manifestations pro-Gaza, elle rase les murs (et on comprend pourquoi !)
– Elle ne croit plus que les choses peuvent changer.

Les juifs perdent petit à petit leur place dans la communauté nationale.

La communauté juive de France a perdu.

Vous n’effacerez jamais le lien entre Israël et le peuple juif

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Depuis des milliers d’années, le peuple juif fête Pessah. La Pâque juive qui symbolise la sortie d’Egypte : la libération des juifs de l’esclavage pour se rendre en Israël, la Terre Promise.

Le seder de Pessah (repas familial rituel de Pessah) fut le dernier repas de Jesus, il y a près de 2000 ans (la fameuse Cène représentée plus haut par Marco d’Oggiono – 1506-1509).

Dans toutes nos prières, depuis des milliers d’années, nous mentionnons Israël. Des vestiges archéologiques datant de plus de 3000 ans prouvent la présence juive en Israël. Le premier temple de Jérusalem qui abritait l’arche d’alliance (où se trouvaient les 10 commandements) date du Xe siècle avant JC. Le second temple de Jerusalem construit environ 500 ans avant JC et étendu par Hérode – qui fit construire l’esplanade du temple aujourd’hui appelée par nos journalistes « Esplanade des mosquées » – fut détruit en 70 par Titus. Il ne reste aujourd’hui que les ruines du mur qui soutenait l’esplanade du temple : le mur de Jerusalem (ou mur des lamentations).

Ce mur est le lieu le plus saint du judaïsme parce qu’il est le lieu le plus proche -accessible aux juifs – du « Saint des Saints », la partie centrale du temple de Jerusalem, le sanctuaire qui abrite l’arche d’alliance, où a été construite la mosquée du Dôme du Rocher dans la partie de Jerusalem que nos journalistes appellent aujourd’hui « Jerusalem-Est occupée ». C’est la raison pour laquelle de nombreux juifs religieux tentent d’aller prier sur l’esplanade pour se rapprocher au maximum du Saint des Saints, ce qui est perçu comme une provocation par les palestiniens.

Le 16 avril dernier, à l’UNESCO, une résolution proposée par de nombreux pays arabes (l’Algérie, l’Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan) qui nie le lien entre les juifs et Israël a été adoptée. Cette motion fait notamment du mur de Jerusalem un lieu Palestinien. La France a voté pour.

Comme le dit mon ami Oudy Bloch, « voilà comment en une motion, on efface 3 500 ans d’histoire juive à Jérusalem ».

Alors oui comme tous les juifs, je suis indigné, je me dis aussi que la soumission est en marche, qu’une fois encore, on troque ses juifs en pensant avoir la paix en échange, mais ce que je me dis surtout c’est que j’emmerde l’UNESCO, l’ONU, et tous les politiques français ou étrangers qui se soumettent. Israël existe et Israël est fort aujourd’hui. Pour cette raison, nous ne serons plus jamais les victimes de votre connerie. Vous pouvez boycotter autant que vous voulez, faire de la désinformation au sujet d’Israël, casser du juif, faire l’apologie du terrorisme, faire vos commentaires antisémites sur Facebook, manifester contre Israël, ou encore devenir des collabos des temps modernes comme mes concitoyens d’extrême gauche, nous serons encore là et attachés à Israël, quoi que vous fassiez. Vous n’effacerez jamais le lien entre Israël et les juifs. Jamais.

Cher Ilan…

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Cher Ilan,

Aujourd’hui je pense à tout ce que j’ai fait ces 10 dernières années. J’ai rencontré ma femme, je suis tombé amoureux, on s’est marié. On a eu un petit garçon. Il a maintenant 4 ans. Il est formidable. On attend une petite fille. Tu ne peux pas savoir, c’est un tel bonheur, tellement d’amour, tout paraît si insignifiant à côté…

Non, tu ne peux pas savoir. Tu ne sauras jamais…

On a le même âge. On est juifs tous les deux, parisiens tous les deux. Ton destin aurait pu être le mien et le mien aurait pu être le tien. A chaque fois que je pense à toi, je réalise avec tant d’intensité ce que l’on t’a volé. Quelle tristesse.

J’aimerais pouvoir te dire que tu n’es pas mort pour rien. Mais je suis désolé Ilan, je ne peux pas. Il y a eu d’autres morts. Beaucoup d’autres. Même des enfants.

Ta mort, comme celle de Sebastien Sellam, étaient pourtant les premiers signes de ce qui nous attendait. Les premiers signes de ce que l’on ne voulait pas voir. Aujourd’hui cette haine qui t’a fait endurer ces 3 semaines de calvaire et qui a fini par éteindre ta vie s’est répandue. Elle est sournoise et hypocrite avant de passer à l’acte. Elle considère qu’elle est une opinion, qu’elle est là pour une cause. Et ça va te faire mal de l’apprendre mais elle prolifère dans une indifférence quasi-générale.

Nous étions très peu nombreux – et quasiment que des juifs – à manifester quelques jours après ta mort. Nous étions les mêmes (environ 10 000) après que des enfants juifs ont été exécutés 6 ans après ta mort dans une école de Toulouse. Là encore, quasiment que des juifs. Même si la classe politique est à chaque fois unanime pour condamner les crimes antisémites, il a fallu attendre que tous les français soient visés pour que nous soyons 4 millions dans la rue.

Tu vas être déçu mais le fait que nous soyons tous des cibles de cette idéologie mortifère n’a rien changé. La haine antisémite est toujours omniprésente et très décomplexée. Elle est dans les commentaires de chaque article qui parle de toi ou de n’importe quoi en rapport avec le judaïsme ou Israël. Elle est dans les commentaires aussi de tous ces mêmes articles sur Facebook. Et là encore ceux qui réagissent pour s’en indigner sont dans la très large majorité des cas… des juifs.

Il y a moins d’un an la plaque qui a été posée à Bagneux pour te rendre hommage a été vandalisée. Heureusement tes parents ont eu la bonne idée de t’enterrer en Israël, loin de tout ça. Au moins maintenant tu y reposes en paix.

 

Le « pas d’amalgame »

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Après un attentat, je me demande toujours qui va être le premier à dégainer le « pas d’amalgame » ou le « l’Islam est une religion de paix » ou encore le « les musulmans sont les premières victimes » et quand ça arrive, sincèrement je suis très agacé. Et pourtant il ne faut PAS faire d’amalgame et les musulmans sont évidemment victimes de la montée d’un racisme aveugle anti-musulman qui suit ces attentats, alors pourquoi cet agacement ?

En fait ce qui me pose problème dans ces phrases c’est qu’elles sont contre-productives. Elles renforcent la fracture. Elles contournent le réel problème : la radicalisation croissante. Elles empêchent aux musulmans toute prise de conscience collective ou toute autocritique.

Quand j’entends Mélenchon ou d’autres bien-pensants de gauche ou d’extrême gauche dire que « l’Islam n’a rien à voir avec ça » alors que la quasi totalité des actes terroristes dans le monde sont commis au nom de l’Islam – ça n’est pas une opinion, c’est un fait – je me dis qu’il y a un sérieux problème !

Comme le dit Abdennour Bidar dans sa lettre ouverte au monde musulman en parlant de l’Islam : « Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres – pires encore que celui-ci – aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l’admettre et à attaquer enfin cette racine du mal ! »

Le Coran est le même pour tous les musulmans, s’il y a des problèmes d’interprétations, c’est le job des imams – et ça devrait même être leur priorité – de faire en sorte qu’il en soit autrement.

Depuis les attentats, j’ai lu énormément de réactions de français musulmans qui dénonçaient la radicalisation, certains sont croyants voire même imams, d’autres sont athées. Au lieu de répéter pour faire bien – alors qu’on en sait strictement rien – que l’Islam ne prône que l’amour et la paix, que tous les musulmans sont extraordinaires et que ceux qui ne le sont pas « ne sont pas de vrais musulmans », pouvons nous plutôt mettre en avant sur les plateaux télé ceux qui dénoncent – parfois en prenant des risques – et qui ont une chance de faire avancer les choses ? Je serais toujours là pour défendre les musulmans face au racisme, mais s’il y a une lutte à faire contre l’amalgame, elle doit être faite uniquement au niveau des hommes qui le méritent, et certainement pas de la religion.

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Voilà les réactions qu’il faut encourager :

Celle de Nabi Nabou :

Alors ce soir pour la premiere et LA dernière fois je vais exprimer le fond de ma pensée concernant cet idéalisme extré…

Posté par Nabi Nabou sur samedi 14 novembre 2015

Celle d’un jeune chirurgien :
Messages aux petites p**** de Daesh qui se font exploser:
Moi aussi je suis fils d’immigré et j’ai grandi dans un quartier. La même galère.
Sauf que mon camp d’entraînement c’était pas en Syrie, c’était en France. L’éducation, les études, la bonne humeur, les copains juifs, chrétiens et athées. Venez vous la mettre sur mon terrain, c’est pas aussi facile que de canarder des gens à la fenêtre d’un gamos.
Je suis chirurgien, vous êtes des anonymes dans une tombe.

Celle de Zineb El Rhazoui :
http://rmc.bfmtv.com/emission/zineb-el-rhazoui-sur-rmc-il-faudrait-arreter-d-accepter-que-ces-pleurnichards-de-la-stigmatisation-nous-imposent-leur-standard-930343.html

Celle de Waleed Al-Husseini :
http://la-voie-de-la-raison.blogspot.com/2015/11/paris13nov.html

Celle de Boualem Sansal :
http://www.lefigaro.fr/livres/2015/11/15/03005-20151115ARTFIG00067-boualem-sansal-la-france-laique-adversaire-majeur-des-islamistes.php

Celle de Tareq Oubrou, imam de Bordeaux :
http://www.lejdd.fr/Societe/L-imam-de-Bordeaux-Les-musulmans-doivent-se-manifester-pour-dire-stop-759759

Celle de Jeannette Bougrab en mai dernier :
http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/05/23/31001-20150523ARTFIG00081-jeannette-bougrab-la-france-est-toujours-aussi-aveugle-face-au-peril-islamiste.php