Chers électeurs de gauche: votre haine vous a rendu aveugles

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Vous étiez 15% à être allé voter hier à la primaire de la droite et du centre (et peut-être même plus si l’on considère que la moitié des 14% « sans préférence » sont plutôt de gauche). Votre motivation : faire barrage à Sarkozy.

Avec 70% des sympathisants de gauche qui ont voté pour Juppé hier, on peut le dire : il vous doit sa place au second tour. Que se serait-il passé sans vous ? Sans doute, Fillon aurait été malgré tout très nettement en tête face à Sarkozy mais le 2e tour aurait été un face à face Fillon / Sarkozy. Avec son avance, Fillon aurait certainement gagné… ou pas. On ne le saura jamais.

Ce qui m’intéresse ici c’est votre motivation ou plutôt cette passion dans la haine anti-Sarkozy qui vous a poussé à vous déplacer à une primaire de la droite un dimanche de mauvais temps et à dépenser 2€. Maintenant que c’est fait, que vous avez atteint votre objectif, que vous êtes « rassurés », vous serez sans doute beaucoup moins nombreux dimanche prochain. La conséquence, si je ne me trompe pas dans mon analyse, sera sans appel pour Juppé qui peinera sans doute à atteindre 25%.

L’ironie de l’histoire, c’est qu’en vous focalisant sur Sarkozy comme s’il était le diable incarné, vous en avez oublié toute rationalité. Vous êtes aujourd’hui soulagé de l’avoir éliminé. Pourtant après Juppé (et NKM), il était clairement le candidat le plus proche de vous du groupe. Votre haine envers lui vous a totalement empêché de le voir.

Vous avez voulu faire barrage à Sarkozy – après l’avoir dénigré pendant 10 ans – en allant voter Juppé à la primaire, alors vous aurez Fillon. Il gardera certainement un cap bien à droite sans vous ménager. C’est peut-être une bonne nouvelle pour la France, mais vous… Vous allez pleurer et ça sera bien fait pour vous !

Primaires de la droite : le fantasme du sauveur

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Le gagnant de la primaire de la droite a de fortes chances d’être le prochain Président de la République Française. Dès lors, il s’agit donc de nommer celui qui va nous « sauver » de ces 5 années de François Hollande. Celui qui va nous « sauver » des années Sarkozy. (Oui, à force d’avoir entendu les pires horreurs sur Sarkozy pendant 10 ans, même une grande partie de la droite a fini par se laisser convaincre qu’il fallait « tout sauf Sarkozy ».)

Tout le monde a envie de le trouver. Tout le monde en a tellement envie qu’il voit – ou plutôt qu’il se persuade de voir – en chaque candidat alternativement, un sauveur. Même Jean-Frederic Poisson, bras droit de Christine Boutin, a eu ses heures de gloires !

Alain Juppé

C’est le fantasme Alain Juppé qui a duré le plus longtemps. Ce dinosaure de la politique – qui possède à son actif l’une des plus grande révolte sociale depuis mai 68 avec le « plan Juppé » de 1995 – a, pour une raison obscure, été considéré pendant plusieurs mois comme le sauveur alors qu’il incarne certainement ce qui ressemble le plus à la politique que plus personne ne veut : une politique molle et langue de bois, des expressions venues d’ailleurs, une méconnaissance totale de la réalité des français, etc. On peut aussi parler de Bordeaux… Eh hop ! Prisunic !

François Fillon

C’est l’étoile montante. Il a envoyé chier Pujadas et depuis, cette droite en rut de candidat sauveur le veut comme Président ! Il faudrait quand même se rappeler que François Fillon a été pendant 5 ans le Premier Ministre de celui qu’ils ne veulent plus et qu’à aucun moment il n’a décidé de démissionner. Il a donc approuvé la politique qui a été menée et la manière dont elle a été menée. François Fillon et Nicolas Sarkozy ont d’ailleurs un programme très proche.

François Fillon est le candidat qui représente le plus la droite conservatrice. Même s’il a déclaré qu’il ne s’en prendrait pas à l’IVG s’il est élu, il a précisé que par « convictions personnelles » (comprendre « religieuses »), il ne considérait pas que le droit à l’IVG soit un droit fondamental et qu’il était contre. Ce genre de posture de la part d’une personnalité politique de ce niveau contribue à légitimer le débat anti-avortement. Ça n’est pas très motivant. Mais que l’on ne s’y trompe pas, il s’agit là d’une posture vis à vis de cette partie de la droite qui passe ses dimanches à la manif pour tous… D’ailleurs ça lui a valu d’être soutenu par Sens Commun, le mouvement politique de la Manif Pour Tous.

Nicolas Sarkozy

En 2007, comme beaucoup de français j’avais voté pour Nicolas Sarkozy. Il incarnait l’espoir. Un nouveau style de Président : dynamique, moderne, accessible, plus proche de nous. Même si on pouvait critiquer son style, ses manières, il y a une chose dont nous ne pouvions pas douter, c’est sa volonté de tout donner pour la France.

En 2012, aussi comme beaucoup de français, j’ai fait partie des déçus. Il n’a pas été assez loin et pour dresser un bilan, la crise n’a rien arrangé. On l’a accusé d’être responsable de l’endettement de la France pendant son mandat alors que notre pays a été frappé par l’une des pires crises économique un an après son élection. On l’a accusé d’avoir été un Président clivant quand il a créé le Ministère de l’Identité Nationale. Avait-il tort d’anticiper en 2007 la crise identitaire que l’on allait traverser ?

Nous récoltons les fruits aujourd’hui de nombreuses mesures de l’ère Sarkozy, je pense notamment à la loi TEPA qui a contribué fortement au dynamisme que la France connait dans le monde de la tech aujourd’hui.

L’un des volets de cette loi permettait aux personnes assujettis à l’ISF d’investir dans des entreprises en défiscalisant 75% des montants investis de leurs impôts. Cette mesure a énormément dynamisé les investissements dans les startups françaises à une époque où la crise de 2008 faisait des ravages partout ailleurs. 8 ans après nous avons une belle « French Tech » – dont le gouvernement actuel se gargarise – avec des startups valorisées à plus d’1 milliard. Sans cette mesure de Sarkozy nous n’y serions pas ou du moins pas autant. Il faut rendre à César ce qui appartient à César…

Mais il y a eu des fautes de casting dramatiques (c’est personnellement ce qui m’a le plus déçu chez Sarkozy) : Christine Boutin, Nadine Morano, Eric Besson, Eric Woerth, etc. Et la conséquence a été sans appel en 2012 : ceux qui le détestaient en 2007 le détestaient davantage et ceux qui l’avaient soutenu étaient déçus.

 

Aujourd’hui, après 5 ans de François Hollande, la France fait face à plusieurs enjeux prioritaires. Elle ne remonte pas la pente comme le font l’Allemagne ou l’Angleterre. Il faut un homme ou une femme déterminé, avec l’expérience, l’énergie et la modernité de comprendre les enjeux. Prenez le temps de comparer, prenez le temps de l’écouter et de lire les programmes. Nous ne pouvons pas nous payer le luxe de nous tromper.

« L’Emission Politique » de France 2 : on a touché le fond

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Le temps des vraies émissions politiques est révolu : celui où des journalistes, quelles que soient leurs convictions politiques, interviewaient avec une certaine élégance des politiques de haut niveau. Je pense à Paul Amar, Christine Ockrent, Arlette Chabot, Anne Sinclair, etc.

Avec « L’émission politique » de France 2, on a touché le fond. Pendant plus de 2h j’ai attendu que Léa Salamé finisse sa chronique mais en fait c’était ELLE qui présentait l’émission ! D’ailleurs, j’espère que Pujadas avait Candy Crush sur son iPhone pour tuer le temps.

Dans l’Emission Politique, il ne s’agissait pas de challenger un candidat sur ses propositions mais de lui savonner la planche pendant 2h et de l’humilier en lui coupant la parole systématiquement et en affichant – incrustés à l’écran – des tweets qui le cassent pendant qu’il s’exprime. Certainement un traitement particulier pour Nicolas Sarkozy. Je doute fort qu’ils soient aussi virulents avec Montebourg la semaine prochaine…

Il faut croire que l’objectif de France 2 est d’arriver à extraire de ce genre de néant audiovisuel des séquences de clash qui feront le buzz sur Internet. C’est loupé pour l’émission d’hier avec Sarkozy. Malgré les monologues sans fin énervés de Léa, il n’est pas né de la dernière pluie, il en faudra un peu plus que ce discours idéaliste et inadapté face à un ancien chef d’Etat, pour le faire sortir de ses gonds. D’ailleurs pourquoi a-t-elle besoin d’exposer son avis personnel ? Est-ce son rôle ? Quelle légitimité a-t-elle à le faire face à des personnalités politiques de ce niveau ?

Le sommet de la nullité était l’intervention à la fin de Charline Vanhoenacker que je n’ai même pas eu le courage de regarder jusqu’au bout. Quand je pense qu’à France 2 on a viré Paul Amar pour des gants de boxe…

À choisir, je crois que jeudi prochain je préfèrerai encore me taper les ch’tis et les marseillais VS le reste du monde en replay plutôt que de m’infliger à nouveau cette épreuve !