Pourquoi Macron peut devenir Président en mai si Valls est éliminé dimanche

macron_4

Si les élections étaient perçues par les électeurs comme un jeu d’échec, que l’on soit pour François Fillon ou pour Marine Le Pen, il faudrait clairement aller voter dimanche pour Manuel Valls et ainsi éliminer Benoît Hamon de la primaire socialiste. De la même manière si l’on est pour Emmanuel Macron, c’est pour Benoît Hamon qu’il faudrait glisser un bulletin dimanche prochain. Voilà pourquoi :

Hypothèse 1 : Hamon gagne la primaire, Valls est éliminé

Lors de la présidentielle, la gauche de la gauche sera répartie entre Mélenchon et Hamon qui feront tous les deux un score médiocre.
Emmanuel Macron récupèrera alors la majeure partie de la gauche restante ainsi que le centre et même le centre-droit qui refusera de voter pour François Fillon qu’il estime trop conservateur.
Avec cet électorat qui va de la gauche au centre droit, Emmanuel Macron a une réelle chance de dépasser le candidat prévu par les sondages comme futur 2e : à priori François Fillon mais peut-être aussi Marine Le Pen (ils sont au coude à coude autour de 25%).

a) Un second tour Marine Le Pen / Emmanuel Macron
Si Macron dépasse Fillon au premier tour et se retrouve face à Marine Le Pen au second, il l’emportera à coup sûr. Les électeurs de gauche voterons pour lui sans se poser de question et les électeurs de droite pour la très large majorité également. C’est cependant probablement face à lui que Marine Le Pen fera son meilleur score au second tour, ce qui explique pourquoi elle souhaite tant se retrouver face à Macron.
=> Macron sera élu.

b) Un second tour François Fillon / Emmanuel Macron
Si Macron dépasse Marine Le Pen au premier tour et se retrouve face à François Fillon au second, il l’emportera aussi très probablement. Les électeurs de gauche voteront pour lui, là encore, sans se poser de question et les électeurs du centre-droit aussi majoritairement. Le report des électeurs du FN ne sera pas du tout automatique et la dynamique autour d’un Macron « surprise du premier tour » jouera en sa faveur.
=> Macron sera élu

Hypothèse 2 : Valls gagne la primaire, Hamon éliminé

Si Valls gagne la primaire, étant donné qu’il est positionné sur une ligne politique proche de celle de Macron, il risque de partager avec lui – lors du premier tour de la présidentielle – le score de la gauche.

La gauche de la gauche sera rassemblée autour de Mélenchon qui fera un score honorable. La gauche et le centre-gauche se répartiront entre Valls et Macron et le centre-droit ira sur Macron. Macron fera donc un meilleur score que Valls mais ce score sera largement insuffisant – affaibli par la présence de Valls – pour se hisser à la 2e place qu’il laissera à Fillon ou MLP selon l’ordre des résultats de ces deux candidats. Nous aurons donc un deuxième tour Fillon / Le Pen avec une victoire nette de Fillon.
=> Fillon sera élu.

Si Benoît Hamon gagne la primaire socialiste dimanche prochain, Emmanuel Macron a donc une réelle chance de gagner la présidentielle. Si Valls gagne alors Macron sera 3e après Le Pen et Fillon. Le seul paramètre qui peut tout faire basculer est la décision de François Bayrou…. Nan je rigole : 0 impact, 0 influence. C’est ce qu’on appelle en probabilité « un événement indépendant ».

Que vous soyez pour Macron, Fillon ou Le Pen, vous savez donc pour qui aller voter dimanche à la primaire de la gauche. Sortez les popcorns !

Tel-Aviv / Paris : Les assassins sont les mêmes

TelAvivParis

Qui peut faire la différence entre la souffrance de Tel Aviv et celle de Paris ?

Dans les deux villes, l’idéologie mortifère qui anime les bourreaux responsables de ces massacres a un nom : le fanatisme islamiste.

Depuis plusieurs mois, Israël est victime d’attentats terroristes au couteau, à la voiture bélier et maintenant à l’arme automatique. Un lourd bilan d’une trentaine de morts et de plus d’une centaine de blessés depuis le mois d’octobre.

Alors que cette nouvelle forme de guerre lâche et barbare nous concerne tous, les réactions de solidarité sont très rares lorsque les victimes sont israéliennes. Pas une réaction du Premier Ministre, du Président de la République ou de la grande majorité de la classe politique française.

Lors des attentats qui ont ensanglantés Paris, des réactions de solidarité immédiates et spontanées avaient pourtant eu lieu dans plusieurs villes israéliennes et en particulier à Tel Aviv…

Est-ce utopique ou naïf de penser que l’islamisme ne doit faire l’objet d’aucune tolérance, où qu’il soit ? Ne rien dire, n’exprimer aucune solidarité sur ces derniers événements, c’est quelque part considérer que lorsque les victimes sont israéliennes, on peut justifier l’injustifiable.

Pourquoi ce qui se passe en Corse est important

en-corse-le-prefet-demande-de-cesser-les-manifestations_1

Ca commence.

Ce qui se passe en Corse symbolise parfaitement ce qui nous attend dans le reste de la France. C’est l’illustration parfaite que les mises en garde sur les risques de guerre civile sont loin d’être des propos « légers » comme le soutenait Périco Légasse dans le Figaro, il y a encore quelques jours (Cf. aussi l’article sur ce même blog en juillet dernier ou les déclarations de Manuel Valls lors des régionales ce mois-ci).

Les ingrédients de ces incidents corses, on les retrouve partout France :

Les banlieues, zone de non-droit où s’exprime la haine de la France et où se nourrit l’islamisme

L’agression préméditée des pompiers par des « jeunes » de banlieue d’Ajaccio est une belle illustration de cette haine anti-française qui gangrène nos banlieues et qui n’a plus de limite. Ce phénomène se retrouve malheureusement partout en France, ça n’est un secret pour personne.

Le ras le bol des français vis à vis d’une partie de la population qui ne rejette pas vraiment l’islamisme mais qui s’indigne contre ceux qui s’y opposent avec force

Difficile de mesurer le niveau de complaisance de certains face à la radicalisation islamiste et aux divers mécanismes qui y mènent (haine de la France, haine du juif), mais force est de constater qu’avec un rejet plus marqué de la radicalisation, nous n’en serions pas là aujourd’hui.

A chacun de prendre ses responsabilités. Je pense notamment aux responsables et aux leaders d’opinions musulmans comme Tariq Ramadan qui disait il y a quelques jours : « je ne suis ni Paris ni Charlie, je suis perquisitionnable ». Je pense aussi à Clementine Autain qui le soutient, ainsi qu’à de nombreuses personnalités de gauche et d’extrême gauche.

Je n’oublie pas non plus Jean-Luc Mélenchon qui vient nous expliquer que l’Islam n’est pas un problème, mais qui n’hésite pas à déblatérer des propos antisémites. Celui là par exemple :
« que les Dray, Haziza, et autres mercenaires de ce pelage, sortent du bois pour montrer les crocs est bien révélateur de la décadence communautariste du PS. ».
Il révise aussi l’Histoire en expliquant qu’il n’y a jamais eu de pogroms en France : « Le premier pogrom en France aura donc eu lieu en Corse. » comme le soulignent les Inglorious Bastards.

Certains mots sont lourds de sens, Melenchon. Ne les utilise pas n'importe comment.

Posté par The Inglourious Basterds sur lundi 28 décembre 2015

L’exaspération des français qui ne se sentent pas bien défendus par les représentants politiques

Quelques mois après Charlie Hebdo et l’HyperCacher, un attentat est évité de justesse dans le Thalys grâce à l’héroïsme d’autres passagers. Quelques mois encore après, le 13 novembre, des parisiens sont tués à la chaine. Les français ne se sentent plus en sécurité. Ils en veulent à leur dirigeants de ne pas assurer leur rôle le plus fondamental : les protéger.

La montée du nationalisme et du racisme

En Corse, le nationalisme Corse est dans la culture locale. Dans le reste de la France le nationalisme est incarné par le FN, aujourd’hui à 30%, mais qui ne s’arrête pas de monter. Partout une raison simple : la peur de l’islamisation de la France. Je l’exprimais ce mois-ci dans un autre article : On a tout faux sur le FN. Entre le nationalisme de l’extrême droite et le racisme, la frontière est bien mince.

Les violences aveugles

A des agressions de pompiers, on répond par des destructions de salles de prières ou de restaurant de kebab et on scande des « on est chez nous » ou « les arabes dehors ».

des-policiers-en-faction-pendant-une-manifestation-au-lendemain-du-saccage-d-une-salle-de-priere-musulmane-le-26-decembre-2015-a-ajaccio_5489612

Jusqu’à quand les CRS pourront-ils contenir des populations au bord de l’affrontement ? Combien de temps avant que l’extrême droite se retrouve au pouvoir ? Combien de temps avant qu’il y ait des débordements, des morts, que tout bascule ?

 

Vous vouliez un dirigeant, un vrai ? Vous en avez un : Manuel Valls

-

Réformer la France, ces dernières années, tout le monde s’y est cassé les dents. Je me souviens encore fin 1994, le renoncement de Jacques Delors, alors donné en tête dans tous les sondages, à être candidat pour la présidentielle de 1995. Il estimait alors qu’il ne disposerait pas de la majorité nécessaire, au Parlement, pour mener sa politique de reformes.

Alors que de nombreux pays occidentaux sortent peu à peu de la crise, nous en sommes encore loin. Sans de nombreuses réformes, la France ne peut pas s’en sortir. Après chaque élection présidentielle, les français sont déçus. Ils reprochent systématiquement au gouvernement de ne pas avoir fait ce qu’il fallait.

Les français ont élu François Hollande à la Présidence de la République en 2012 après avoir été déçus par la politique de Nicolas Sarkozy. Manuel Valls a été nommé Premier Ministre il y a un peu moins d’un an suite à l’échec des gouvernements Ayrault. 5 mois après, il démissionne parce qu’il n’a pas le soutien des autres ministres (notamment Arnaud Montebourg et Benoit Hamon) pour mener sa politique économique. Il est reconduit par le Président de la République, il forme donc un nouveau gouvernement.

Il doit alors faire face, d’une part, à l’aile gauche de son parti qui, en réalité, n’a pas du tout la même vision politique et passe son temps à lui faire des coups bas, et d’autre part à l’opposition, qui dans son rôle d’opposition, profite de chaque occasion pour crier son indignation au regard de la politique menée.

Il a donc deux options. Soit il fait le moins de vagues à gauche pour avoir le soutien de l’ensemble de son parti, et se cantonne à des réformettes qui mettent tout le monde d’accord, soit il s’engage, dans l’intérêt des français, au risque d’entacher sa popularité à gauche, dans de vraies réformes, partagées d’ailleurs par l’ensemble de nos ministres et par le Président de la République élu par les français. Il a décidé de s’engager dans la deuxième option et de faire son job.

La loi Macron peut être critiquée mais si elle avait été présentée à l’Assemblée et rejetée, elle ne l’aurait pas été pour les bonnes raisons.

Elle l’aurait été d’ailleurs pour des raisons différentes à gauche et à droite. A gauche, ou plutôt à gauche de la gauche, parce qu’elle adopte une position bien trop libérale, ce qui est aux antipodes de la vision économique de gauche. A droite, elle aurait du plaire, mais dans un jeu totalement politicien, les politiques de droite préfèrent souligner et se moquer du manque de soutien de la gauche à notre Premier Ministre de gauche plutôt que de s’intéresser à la loi et par principe, nombreux d’entre eux auraient voté contre ou se seraient abstenus.

Cette situation est incroyable et n’a aucun sens. On ne peut pas être les premiers à être déçus si on ne laisse pas le gouvernement diriger quand il est au pouvoir. Ce qui est incroyable c’est que la gauche de la gauche ne le réalise pas. Enfin, non, ça n’est pas incroyable, c’est tout à fait dans la lignée de leurs reflexions, totalement à côté de la plaque.

Ce qui est malheureux, c’est de se dire qu’un gouvernement qui se bat pour une fois dans l’intérêt des français, sans calculs de réélection, est accablé de tous les côtés, par les français eux-même. Même les journalistes, réputés de gauche, enchainent les titres accablants pour le Premier Ministre :

« Loi Macron : Manuel Valls mauvais joueur » Libération
« Valls sacrifie sa majorité pour sauver son cap libéral » L’Humanité
« Loi Macron : les coulisses d’un « naufrage » » Le Parisien
« Loi Macron : l’utilisation du 49-3, un « aveu de faiblesse » » Le Monde

Le Royaume-Uni a eu Margaret Thatcher, l’Allemagne a Angela Merkel, est-ce que Valls sera l’homme providentiel qui arrivera à reformer la France en profondeur, à l’armer pour qu’elle s’en sorte ? Je le souhaite sincèrement.

En utilisant le 49-3, Valls ne montre non seulement pas un aveu de faiblesse mais au contraire une détermination sans faille à réussir dans la mission qui lui a été confiée. Il se mouille, il prend des risques, finalement il se donne les chances d’avoir un bon bilan et donc de faire l’intérêt de la France. Il a un courage politique dont de nombreux de nos politiques de droite comme de gauche devraient s’inspirer.